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[Media] SWiTCH est dans le Montagne Leaders n°273 !

Le numéro 273 de Montagne Leaders traite principalement d’Alpipro et du Digital Montagne (auquel nous avons participé), ainsi que de nombreux autres événements de cette fin de saison. Cette année encore, SWiTCH a le plaisir d’en faire partie avec un reportage à l’occasion de notre participation à la convention annuelle de la NSAA. Quelques extraits à découvrir ci-dessous.

SWiTCH Initiatives – ITW de Martin Gaffuri, fondateur de Good People Run

« Courir, c’est une bonne chose, mais courir en groupe, c’est mieux ! » C’est le message que Martin Gaffuri et ses collaborateurs ont essayé de faire passer en fondant GoodPeopleRun.com, réseau social de course à pied, en 2010. Après avoir obtenu son diplôme de l’ESSCA Angers avec un master 1 en marketing et un master 2 en communication, Martin Gaffuri a immédiatement voulu donner vie à son idée : faire de la course à pied un sport collectif. Nous avons rencontré cet entrepreneur – coureur professionnel pour en savoir plus.

SWiTCH : Bonjour Martin, peux-tu te présenter en 15 secondes top chrono ?
Martin Gaffuri : Bonjour, je m’appelle Martin Gaffuri, j’ai 28 ans et j’habite à Annecy. J’ai fait une Ecole de commerce. Je suis coureur pour la marque New Balance et je suis également entrepreneur dans le monde du digital avec la société GoodPeopleRun.com, un réseau social pour les coureurs à pied.

SWiTCH : Peux-tu nous expliquer ce qu’est GoodPeopleRun.com ?
M.G : GoodPeopleRun.com est un réseau social géo-localisé pour les coureurs à pied. Nous permettons aux gens de retrouver d’autres coureurs près de chez eux pour aller courir en groupe. J’ai monté ce réseau social car je suis coureur et j’ai un besoin personnel de pouvoir retrouver des gens où que je sois, pour courir en groupe, pour rencontrer des « locaux » qui peuvent me dire où aller courir, ou même dans un but de motivation.

SWiTCH : Quelle a été la réaction de tes proches au lancement de GoodPeopleRun.com ?
M.G : J’ai reçu du soutien des amis et de la famille. Mon père étant entrepreneur, j’ai hérité de cela dans mon éducation. Mais il y a aussi eu beaucoup d’incompréhension, car à la fin de mon stage de fin d’étude je pouvais avoir un CDI en Suisse avec un bon salaire et des missions intéressantes. Néanmoins, j’avais besoin d’aller me challenger sur ce projet qui commençait à me trotter dans la tête.

SWiTCH : Quels sont les clients de GoodPeopleRun.com ?
M.G : Plus que des clients, nous pouvons parler de communauté, car il s’agit de n’importe quelle personne qui souhaite pratiquer la course à pied en groupe. L’inscription au réseau social est totalement gratuite. Une fois inscrits, nous pouvons retrouver les coureurs et les groupes qui se trouvent à proximité de là où l’on habite.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication ?
M.G : Au sein du réseau social même, nous envoyons aux inscrits des emails de notification quand il y a de l’activité près de chez eux afin de les informer des nouvelles sorties créées. Nous utilisons également des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook et de temps en temps nous envoyons une Newsletter à tout le monde. Pas de presse écrite. Nous partons du principe que le bouche à oreille va permettre la croissance du réseau. Au sein du réseau, l’email suffit à échanger avec la communauté.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de l’entreprise ?
M.G : La grande valeur humaine que nous prônons est la confiance : la confiance que nous avons entre nous, ainsi que la confiance que les coureurs et les organisateurs de compétition nous accordent. Les coureurs viennent là car ils ont confiance en nous. De la même manière, les organisateurs ont confiance dans GoodPeopleRun.com car c’est un outil fiable. Nous sommes toujours disponibles pour trouver des solutions, que ce soit par email ou par téléphone.

SWiTCH : Quelles ont été tes plus grandes difficultés en tant qu’entrepreneur ?
M.G : Il faudrait certainement toute la nuit pour citer toutes les difficultés auxquelles nous avons été confrontées ! (Rire). Plus sérieusement, la plus grande difficulté a été de déléguer le travail. Au début je voulais tout faire moi-même avant de me rendre compte que ce n’était pas possible. C’est pourquoi j’ai fait entrer des profils et compétences différentes et complémentaires des miennes. Mais il est parfois difficile de déléguer tout en gardant un œil sur ce qui se fait. En effet, il faut toujours être capable de corriger le tir, ce n’est pas facile !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande réussite de GoodPeopleRun.com ?
M.G : Notre plus grande réussite a été véritablement l’adoption des coureurs de GoodPeopleRun.com. Aujourd’hui nous avons 25 000 membres, dont plus de 20 000 en France. C’est une vraie satisfaction, car cela nous prouve que l’outil répond à une demande, et y répond bien.

SWiTCH : Vous avez 5 000 membres à l’étranger. Le réseau se développe à l’international ?
M.G : Nous avons développé le réseau à l’étranger au début. Notre version béta était en français et en anglais. Lors de mes déplacements à l’international j’avais planté des graines un peu partout (Etats-Unis, Canada, Australie, etc.). En revanche, la nouvelle version du site est exclusivement en français. Nous avons donc mis sur la touche 5000 personnes. Mais il y avait des choix à faire.

SWiTCH : Faut-il nécessairement être passionné par la course à pied pour créer ce genre de réseau ?
M.G : Quel que soit le projet, il est nécessaire d’avoir une vision « business », c’est-à-dire avec un business model qui tienne la route, surtout pour un « projet passion », car le risque est de se laisser emporter par la passion et de lancer un projet non viable. Etre passionné par la course à pied n’est pas indispensable, mais c’est un énorme plus pour la crédibilité auprès de ses clients ou de la communauté. Quand nous parlons course à pied, les clients voient tout de suite que nous savons de quoi nous parlons. La communauté est contente de voir que nous faisons cela parce que nous aimons la course à pied avant tout.

SWiTCH : Quelle est votre vision de Good People Run pour les cinq années à venir ?
M.G : Une vision à cinq ans pour une start-up, c’est beaucoup trop loin ! Ma vision à un an c’est un ou deux gros partenariats qui peuvent être potentiellement mis en place et définiront grandement l’avenir de GoodPeopleRun.com. Si ces partenariats se font, je pourrai vous recontacter et vous dire ce qu’il se passera dans cinq ans !

SWiTCH : Ok, c’est noté : rendez-vous dans 5 ans alors ! D’ici là, quels conseils donnerais-tu à un futur entrepreneur ?
M.G : A partir du moment où l’on a un projet et qu’on est bien entouré, il faut se lancer ! Je suis issu de la génération qui dit qu’il faut mieux se planter et gagner de l’expérience plutôt que de ne jamais essayer et avoir des regrets. Après, se lancer avec une idée et même avec un business model bien établi reste une idée sur le papier. Tant que votre idée n’est pas vérifiée avec des clients qui payent, elle reste un concept.

Le réseau m’a énormément aidé. Nous n’aurons jamais toutes les compétences nécessaires. Il faut donc être capable d’aller trouver les compétences complémentaires, soit les intégrer à la société, soit les piocher à droite à gauche au sein de réseaux. Notamment au sein du réseau Entreprendre en Haute-Savoie, qui est un réseau d’entrepreneurs d’un côté et de chef d’entreprises de l’autre côté. C’est une des meilleurs aides que j’ai pu avoir.

SWiTCH : Entrepreneur et coureur professionnel, est-ce difficile de concilier les deux ?
M.G : C’est viable, mais cela demande beaucoup de concessions sur le temps personnel. Je vais moins boire des coups le soir et faire la fête le weekend. Cependant, c’est un équilibre pour moi de pouvoir me vider la tête lors de mes entrainements, de mes compétitions et de mes voyages. J’étais au Costa Rica en début d’année et repart en Nouvelle Zélande pour une course. Etre coureur professionnel, c’est une ouverture, et également une possibilité d’élargir mon réseau pour GoodPeopleRun.com !

SWiTCH : Merci Martin, bon courage pour la suite et bonne chance pour tes prochaines courses !
Photo de droite : (c) Andres Vargas – LeadAdventure

SWiTCH Initiatives – ITW de Christophe Hermitan, fondateur de Synpeak

Sportif de haut niveau, Christophe Hermitan a décidé de mettre à profit son expérience d’athlète au service des enjeux de la forme et de bien-être en entreprise. Il a fondé l’entreprise Synpeak en 2012 avec Marie Aufranc. Leur but : intégrer le sport en entreprise et suivre les acteurs de l’entreprise dans leur bien-être personnel. Interview.

SWiTCH : Bonjour Christophe, vous avez 15 secondes top chrono pour vous présenter !

Christophe Hermitan : Bonjour, j’ai effectué une formation STAPS sur Grenoble, puis Lyon pour obtenir un master en préparation physique et mentale. Après une carrière de sportif de haut niveau, j’ai entrainé l’équipe de France de ski cross jusqu’en 2008, puis j’ai été préparateur physique dans un club de rugby professionnel. Ma passion du haut niveau m’a amené à monter mon entreprise. Je suis associé avec Marie Aufranc, diplômée de l’ESSEC Paris, qui était membre de l’équipe de France de ski alpin. Nous avons aujourd’hui pour objectif d’amener les valeurs et outils du sport de haut niveau au service des entreprises. Nous avons créé notre entreprise en novembre 2012. L’été 2013 a marqué la vraie mise en route.

SWiTCH : Comment vos proches ont-ils réagi à l’annonce du projet ?

Christophe Hermitan : Nous avons un entourage dynamique, donc nous avons été rapidement soutenus. Nous avons des profils d’entrepreneurs. En effet, en tant qu’athlètes de haut niveau nous avons la responsabilité de gérer notre propre carrière comme on le ferait pour une société. C’est donc un beau challenge de pouvoir monter notre entreprise !

SWiTCH : Quelle est votre clientèle actuelle et que leur proposez-vous ?

Christophe Hermitan : Ce sont les petites et moyennes entreprises, ainsi que les grands comptes en région Rhône-Alpes, à Genève, et également à Paris. Au sein d’une même entreprise, nous avons plusieurs types de clients : les dirigeants, les DRH, les managers, mais aussi les salariés. Nous considérons les salariés et les dirigeants comme des athlètes. Ainsi, nous leur apportons tous les conseils afin qu’ils soient les plus performants possible dans leur travail : gestion du sommeil, activité physique, alimentation, équilibre mental…

Nous désirons aussi développer le sport en entreprise. Nous proposons des séances de sport en entreprise pour pouvoir améliorer la qualité du travail. Notre offre s’étale du service d’activités physiques à l’accompagnement pour l’aménagement d’une structure sportive à l’intérieur de l’entreprise.

Enfin, nous organisons des séminaires d’entreprise, du team-building, des challenges sportifs.

SWiTCH : Comment mesurez-vous vos résultats ?

Christophe Hermitan : Nous avons des outils d’évaluation. Nous pouvons déterminer le niveau physique et de stress d’une personne. Nous avons suffisamment de recul pour savoir si les gens sont en zone critique ou d’équilibre.

SWiTCH : En quoi le sport est-il important dans le management des entreprises ?

Christophe Hermitan : Le sport de haut niveau est une exigence, le symbole de la performance qui se retrouve au sein d’une entreprise au service des salariés et des managers. Aujourd’hui nous utilisons tous les outils et méthodes que l’on pouvait utiliser avec des athlètes de haut niveau, outils d’analyse, de suivi et techniques d’accompagnement pour la santé, le bien-être et la gestion du stress, que nous adaptons pour aller vers la performance de l’entreprise.

Le sport est un moyen de cohésion et de fidélisation. Nous essayons de faire en sorte que l’entreprise soit un lieu de travail agréable et que les gens vivent l’entreprise un peu différemment. Ce phénomène existe déjà beaucoup dans les pays anglo-saxons.

SWiTCH : Y a-t-il un réel besoin aujourd’hui ?

Christophe Hermitan : La vision par rapport à la santé du dirigeant et du salarié évolue beaucoup. Cette question est au cœur des débats actuels. Dans les pays anglo-saxons ces dynamiques sont déjà bien intégrées dans les entreprises. Avec tous les moyens de communication et le rythme imposé aux salariés, il est aujourd’hui indispensable de penser à la santé des ressources humaines de l’entreprise. Il y a un réel bénéfice pour l’entreprise ainsi que pour le bien-être des salariés à intégrer ces dynamiques.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Christophe Hermitan : Engagement, entraide et performance. Le nom Synpeak vient de « synergie » et de « peak » (= sommet). C’est la synergie pour atteindre des sommets en réunissant des forces pour faire évoluer la personne.

SWiTCH : Quels sont vos outils de communication actuels ?

Christophe Hermitan : Nos outils de communication sont principalement la presse et les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Facebook, Google Plus).

SWiTCH : Quelles ont été vos plus grosses difficultés depuis l’idée du projet d’entreprise ?

Christophe Hermitan : Nous sommes en phase de développement donc nous n’avons pas encore connu de réelles difficultés.

SWiTCH : Quelle a été votre plus grande satisfaction depuis la création de l’entreprise ?

Christophe Hermitan : Notre plus grande satisfaction est de se dire que nous sommes dans l’aire du temps et en cohérence avec le contexte et les questions d’actualités soulevées par les médias : Absentéisme, burn-out, etc…

SWiTCH : Comment voyez-vous Synpeak dans les cinq prochaines années ?

Christophe Hermitan : Dans 5 ans, nous désirons être la référence du sport d’entreprise et de la formation santé / bien-être à travers le sport dans la région Rhône-Alpes.

SWiTCH : Quels conseils donneriez-vous aux personnes désirant créer leur entreprise ?

Christophe Hermitan : Je conseille d’être patient. Monter une entreprise est équivalent à la préparation d’un événement sportif important. Il y a une longue phase de préparation avant d’arriver au but. Nous rencontrons plein d’aléas pendant cette phase de préparation. Il faut toujours savoir rebondir, être patient et s’entourer des bonnes personnes. Je conseille également d’être organisé dans la création de son entreprise.

SWiTCH : Quelle est la question qu’on ne vous a pas posée et que vous auriez aimé qu’on vous pose ?

Christophe Hermitan : Nous développons également une application qui permet d’avoir un accompagnement et un suivi à distance des dirigeants et des salariés après nos interventions : conseils sur la diététique, sur l’hygiène de vie, accès à une messagerie interne avec leur coach, etc…

Nous travaillons également actuellement avec le Centre des Jeunes Dirigeants sur la mise en place d’interventions, de formations et de séances de sport pour les dirigeants.

 

SWiTCH : Merci Christophe, et bonne continuation !

SWiTCH Initiatives – ITW de Jean-Christophe Guillaud-Bataille, Fondateur d’ESTHETE

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de l’outdoor ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous partons à la rencontre des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons récemment échangé avec Jean-Christophe Guillaud-Bataille, fondateur de l’entreprise ESTHETE, marque française de vêtements et accessoires intelligents pour le vélo en ville. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous nous présenter votre parcours, et pourquoi avez-vous créé votre entreprise ?
Jean-Christophe Guillaud-Bataille : J’ai 32 ans et suis originaire de la région Rhône Alpes. J’ai une formation double d’Ingénieur et de Designer produits. J’ai pratiqué les deux compétences dans deux postes différents. J’ai d’abord été ingénieur designer produit dans une agence de Grenoble dans le secteur des sports de montagne et également du vélo. J’ai eu une deuxième expérience plus technique dans une PME du côté de Lyon, où je vis aujourd’hui, en tant que responsable du bureau d’études.

Ce qui m’a amené à Cycles Esthète ! J’ai fait pas mal de vélo étant étudiant et encore même aujourd’hui. Depuis de nombreuses années, je suis fan de vélos urbains et fonctionnels, mais également du milieu du fixie, où les vélos sont très esthétiques. En travaillant en tant que designer dans ce milieu, j’ai eu beaucoup idées sur l’équipement du cycliste. J’ai constaté qu’il manquait quelque chose aujourd’hui pour les cyclistes urbains. Depuis un moment j’avais cette idée d’apporter une solution aux personnes qui vont travailler en ville et qui ont cette problématique d’avoir des vêtements étanches, respirant, esthétiques, élégants, mais également sécuritaires. Je voulais faire une alternative au gilet jaune que je trouve laid, en le remplaçant par un système électronique, avec un éclairage à LED.

La veste que nous avons baptisé « Eclaireur » est équipée de ce système. Nous pensons déjà à d’autres solutions pour l’avenir en utilisant notamment des matériaux phosphorescents.

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches à l’annonce du projet ?
JCGB :
J’ai reçu beaucoup d’encouragements. Les personnes qui me connaissent bien savent que j’ai un esprit d’entrepreneur. Avant d’avoir créé cette société, j’avais un statut d’auto-entrepreneur parallèlement à mes différents postes. J’ai toujours aimé avoir une activité et entreprendre. Cela a été très bien perçu par ma famille, par mes amis, j’ai eu le soutien de ma femme. C’est elle qui a décidé si oui ou non nous allions démarrer le projet ensemble. Elle m’a soutenu et elle m’a même aidé au début dans les démarches commerciales. Je n’ai reçu aucun avis négatif, l’accueil de mes proches a été très favorable !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez connu depuis la naissance du projet jusqu’à aujourd’hui ?
JCGB : La partie administrative : la création en elle-même, la rédaction des statuts, le dépôt des dossiers dans les différentes institutions comme la CCI, le tribunal de commerce, etc… Sur les 6 mois de vie l’entreprise, j’ai passé la moitié de mon temps à me battre contre la paperasse ! Pour moi, créer un produit, le développer et le commercialiser, est la partie la plus passionnante, la plus amusante et la plus facile du projet. Tout l’aspect administratif a été très pénible et laborieux, j’ai fait plusieurs fois les mêmes choses. On dirait que l’Etat n’a pas très envie d’encourager les gens à créer des sociétés tellement les démarches sont compliquées.

SWiTCH : Quelle a été la plus grande satisfaction depuis la création ?
JCGB : C’est le jour où j’ai vendu les premières vestes dans une boutique à Paris. C’est une boutique que j’ai presque harcelé pour obtenir un accord de leur part. Le positionnement est très nouveau, le concept est novateur et tout le monde apprécie le produit. Par contre il y en a encore qui sont réticents sur le niveau de prix (ndlr : 600euros TTC). J’ai beaucoup insisté dans les boutiques qui ont décidé de me référencer. Ça m’a fait plaisir de trouver des boutiques prêtes à partager les risques et prêtes à aider une entreprise jeune et innovante.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?
JCGB : C’est d’abord la culture de l’innovation. Nous apportons des produits innovants et technologiques. Pour l’instant il n’y en a qu’un produit connu, mais une gamme est en cours de développement et chaque produit fait l’objet de recherches avancées. Il y a une vraie volonté de rompre les codes entre esthétisme, technologie et usage.

La deuxième valeur fondamentale est l’éthique. Nous nous adressons au milieu du vélo, on parle d’un mode de déplacement doux. Il y a une vraie éthique environnementale et une vraie éthique humaine. Il y a également une éthique économique : je cherche à faire produire les produits le plus proches possible de nous. On relocalise tout ce qui est faisable dans la société.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication à l’heure actuelle ?
JCGB : J’ai un site Internet, j’ai mis en place une page sur Facebook avec le plus de fans possible, je pense que c’est aujourd’hui un outil de communication très puissant, ainsi que Twitter, Pinterest, Linkedin,…

J’utilise également des moyens de communication un peu plus classiques comme la presse et le mailing. Je fais aussi de l’évènementiel, puisque j’ai récemment participé au Salon du Cycle à Paris. Cet évènement m’a apporté beaucoup de retour sur les produits auprès des distributeurs, de la presse et des utilisateurs finaux. Cela a aussi été un vecteur de notoriété. Le grand public a pu découvrir les produits sur le stand.

SWiTCH : Au niveau de vos moyens de distribution, avez-vous décidé de vendre exclusivement en boutique ou avez-vous également prévu de vendre en ligne via votre site internet ?
JCGB : Je distribue dans les boutiques physiques dans les grandes villes de France. Nous serons bientôt présents dans les pays étrangers. Nous privilégions des boutiques haut de gamme qui proposent de très jolis produits. Nous avons aussi notre propre boutique sur notre site web.

SWiTCH : Cela ne choque pas les retaillers de vous voir vendre sur votre site Internet ?
JCGB : Ça les fait un peu grincer des dents, mais aujourd’hui c’est incontournable. Le e-commerce est en train de prendre beaucoup d’importance, il est donc logique que je m’installe dessus. Ce sont les nouvelles règles du jeu, il faut que les boutiques sachent jouer avec. Il y a  certaines boutiques qui m’ont dit clairement qu’elles ne prendraient pas mes produits à cause de cela. C’est un choix, mais je préfère me concentrer sur le e-commerce et avoir des boutiques physiques très qualitatives. Aujourd’hui, on peut être sur le web, tout en restant éthique et correct vis-à-vis de la distribution traditionnelle. Je ne vais pas casser les prix, je reste dans les mêmes conditions que ce qui se passe en boutique physique, donc à priori les magasins ont plus de chances d’avoir des clients. Il y a toujours l’avantage de pouvoir toucher le produit et l’essayer. Je pense clairement que la tendance va s’inverser dans quelques années, il va y avoir de plus en plus de e-commerce, c’est évident au vu des facilités que cela représente.

SWiTCH : Quelle est votre vision à cinq ans pour votre entreprise ?
JCGB : C’est tout d’abord de bien faire le tour de tous les vêtements techniques pour le cyclisme urbain. Je pense aussi, dans quelques années, m’intéresser à toute la mobilité urbaine en général avec des moyens de déplacement comme le scooter, la moto et tout ce qui est alternatif, comme les trottinettes. Ma vision est d’avoir une vraie gamme de vêtements et d’accessoires qui s’adressent à une clientèle d’aventuriers urbains. Je vais m’intéresser à tous les déplacements urbains alternatifs.

SWiTCH : Est-ce que vous auriez un conseil pour une personne qui voudrait créer son entreprise, mais qui n’ose pas encore ? Par où commencer ?
JCGB : Tout d’abord sachez qu’il existe des aides. Un bon point de départ c’est d’aller voir la CCI de votre département. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous, ils vont vous proposer un accompagnement personnalisé pour créer votre société. Ils vont vous aider à constituer votre business plan et réaliser vos prévisions financières, présenter les types de produits, les moyens de distribution, etc… La CCI propose des modules de formation très intéressants.

Je me suis également intéressé au réseau Entreprendre et au réseau Initiative France. Il y a des clubs et des associations qui aident les jeunes entrepreneurs. Il ne faut pas hésiter à aller les voir. Ils ont plein de bonnes idées ! Cela permet d’aller beaucoup plus vite pour prendre des décisions et faire des choix. Je conseille aux jeunes entrepreneurs de ne jamais baisser les bras, même si cela peut paraitre compliqué et si parfois on a l’impression d’être un peu noyé, il ne faut pas se décourager et il faut en parler autour de soi, c’est une bonne expérience.

SWiTCH : Merci beaucoup Jean Christophe et bonne continuation !

Photos : G. Piel.

Onetous : un réseau social novateur made in France

2 ans et plus de 10 000 heures de travail : c’est le temps qu’il a fallu à Sébastien Schropff, Benoit Davaut et Yoann Genier, trois passionnés d’Internet et de relations humaines, pour lancer le 1er réseau social de proximité dédié aux passions Onetous.

Basée à Annecy, l’équipe d’entrepreneurs a mis en place une plateforme (gratuite !) visant à promouvoir des évènements et activités de proximité d’une manière novatrice et sociale. À la différence des sites de sorties, le concept se focalise sur les passions de chacun. Plutôt qu’une liste infinie et désorganisée d’activités, Onetous (prononcer : One-to-us) sélectionne et suggère uniquement celles susceptibles d’intéresser l’utilisateur. En résumé, ce dernier a donc la possibilité d’échanger avec d’autres partageant les mêmes centres d’intérêt, de découvrir des idées de sortie en lien avec ses passions et d’organiser lui-même ses propres sorties s’il le souhaite.

Parallèlement au site grand public, les professionnels ont la possibilité via une interface de gérer une communauté et de promouvoir des évènements vers les membres susceptibles d’être intéressés. 50 professionnels ont pour l’instant utilisé les services de Onetous dans le cadre de leur campagne de communication.

Après le lancement en automne dernier, le site a rapidement atteint plus de 2600 inscrits et une croissance du nombre d’utilisateur de 5 à 10% par semaine. Un bel avenir semble donc promis à cette startup, à laquelle nous souhaitons le meilleur en cette nouvelle année 2013 !


Nous avons eu la chance de rencontrer Sébastien
Schropff et de lui poser quelques questions. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous présenter votre équipe ?
Sébastien Schropff : Yoann Genier (30 ans), diplômé de l’ESC Chambéry, crée sa première société de conseil axée sur le web fin 2010. Il est par ailleurs consultant et enseignant au CESNI et à l’ESC Chambéry en communication online et réseaux sociaux. Dans le cadre du projet Onetous, Yohann se charge de la communication, des relations presse, du développement des partenariats, de la gestion du blog et enfin du community management.

Benoit Davaut (29 ans), diplômé d’un Master NTIC à l’Université de Savoie, est fondateur de sa société icreaweb (création de sites web) après plusieurs expériences en entreprise. Benoit se charge pour Onetous du développement et du design.

Quant à moi, Sébastien Schropff (29 ans) je suis diplômé d’un Master en Marketing-Vente à l’Université de Savoie. Avant de me lancer dans le projet Onetous en tant que gestionnaire de l’entreprise et des partenariats, j’ai eu une expérience commerciale dans la filiale française d’une société allemande de services télécom aux entreprises.

Enfin, Maxime Lorenzy (21 ans), en contrat d’apprentissage, est développeur pour Onetous.

 

SWiTCH : D’où l’idée de Onetous est-elle née ?
Sébastien Schropff : Originaire de Chamonix et fan de sports, j’ai déménagé à Lyon pour raisons professionnelles en 2008. Le besoin de découvrir de nouvelles personnes s’est fait sentir, j’ai mis un an pour me créer un réseau social et amical. Mon premier contact avec un lyonnais s’est fait à Annecy lors d’une sortie en parapente !

Une question nait alors : les passions peuvent-elles rapprocher les gens ? Oui forcément ! Mais aucun service n’existait à l’époque. Début 2010, l’idée voit alors le jour en se basant sur un constat : un réseau lié au sport tel que WidiWici ne rassemble pas les gens autour de leur sport.

Des réseaux sociaux de niche existent déjà pour des gens partageant les mêmes centres d’intérêt thématiques. Cependant, Onetous se démarque en permettant d’être sur plusieurs thématiques à la fois. Le principal concurrent de la startup est onvasortir.com, réseau qui suggère automatiquement des activités ainsi que des événement créés par d’autres utilisateurs. Dans le cas de Onetous, le contenu vient directement aux utilisateurs grâce à un algorithme codé en interne, créant ainsi la valeur ajoutée du réseau et son facteur concurrentiel.

 

SWiTCH : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Sébastien Schropff : J’ai rencontré Yoann lors d’un enterrement de vie de garçon en 2011. Après m’avoir aidé à mener une étude de marché autour du projet, l’association entre nous s’est faite naturellement et le projet a été porté ensemble. Les échanges autour du projet Onetous sont intenses, les idées fusent !

En septembre 2011, Benoit m’a envoyé une demande de contact via Viadeo. Nous avons échangé et peu à peu vu des synergies possibles se dégager. Nos personnalités compatibles, notre ambition, notre caractère entrepreneurial sont autant de points communs entre nous. Deux semaines plus tard, Benoit rejoignait l’équipe.

L’équipe est définitivement constituée en octobre 2011. Quelques mois après, le 8 février 2012, la société est constituée en SAS avec un capital de 27000€, maintenant passé à 29048€.

 

SWiTCH : Et votre expérience dans tout cela ?
Sébastien Schropff : Je me considère comme le chef d’orchestre de l’équipe, mettant en musique les expériences antérieures de mes associés. Le fait de travailler avec des gens ayant déjà créé leur société est un gros avantage.

 

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de l’entreprise ?
Sébastien Schropff : L’ouverture d’esprit et la curiosité : Benoit n’a pas tout appris sur les bancs de l’école mais en faisant des recherches et en travaillant. L’ouverture au monde et la volonté de mettre en lien des gens qui vivent dans la même région ou à l’autre bout du monde nous caractérise également. Le partage des compétences, de bonheur : United we stand!

La tolérance : il faut s’adapter à nos utilisateurs en permanence et être tolérants les uns avec les autres. Enfin, l’écoute et le dynamisme sont également au cœur des valeurs fondamentales de Onetous.

Nous sommes tous trois autodidactes et inspirés par le management à la « Google ».

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches lorsque vous leur avez annoncé votre projet ?
Sébastien Schropff : A l’annonce du projet, les membres de ma famille n’ont pas vraiment eu de réaction car cela paraissait presque normal et logique au vu de mon parcours personnel et professionnel. Seuls mes amis qui travaillent dans la finance ont eu des réticences en raison des risques.

SWiTCH : Quelles ont été vos plus grandes joies depuis la création de l’entreprise ?
Sébastien Schropff : L’équipe est complémentaire et porte le projet de façon unie. Les résultats de l’étude de marché sur 300 personnes sont également une source de satisfaction. En mars 2012, le lancement du prototype en version Bêta auprès de 100 testeurs a été un moment fort avec des retours positifs et gratifiants.

L’arrivée d’un investisseur extérieur (ayant rejoint l’aventure en tant que business angel en juillet 2012)  qui s’intéresse au projet et y participe est également un moment extrêmement positif également. Enfin, le lancement officiel le 17 septembre 2012 et la connexion simultanée de plusieurs centaines de personnes furent vraiment jouissifs !

SWiTCH : Quelle a été votre plus grande difficulté depuis le début de l’aventure ?
Sébastien Schropff : La recherche d’associés fut une tâche compliquée. Je n’ai pas le talent pour mener mon projet techniquement seul. Bien que passionné de web, je suis moins technicien et ne souhaite pas être seul dans une telle aventure.

Les 6 mois de travail avec un développeur n’ayant pas la fibre entrepreneuriale furent un moment difficile : nous avons dû nous séparer car nous ne partagions pas une vision commune du projet.
SWiTCH : Comment voyez-vous Onetous d’ici à 5 à 10 ans ?
Sébastien Schropff : Je souhaite aussi que Onetous atteigne plus de 100 salariés, se développe à l’international, soit rentable mais sans entrer en bourse pour garder un certain contrôle. L’idée n’est pas de faire de l’argent pour l’argent.

Nous voulons être une lean-startup, à savoir qu’aucun service n’est figé mais en perpétuelle évolution. Il est cependant difficile de dire ce que Onetous sera dans 10 ans. Enfin, une entreprise où il fait bon vivre, où les gens pourront me dire « merde » si nécessaire.
SWiTCH : Quels seraient vos conseils pour quelqu’un qui souhaiterait créer sa boîte ?
Sébastien Schropff : Il y aurait beaucoup à dire ! (rires) Disons pour faire simple :

  • Ne pas se poser de questions
  • En parler au plus grand nombre sans avoir peur de se faire piquer l’idée car la différence se fait sur l’exécution
  • Aller vite dans l’exécution, ne pas perdre de temps à essayer avant d’avoir quelque chose de parfait, mais plutôt sortir un modèle pour le tester et recueillir l’avis des utilisateurs
  • Le nerf de la guerre est le temps qu’il vous reste avant l’échéance

SWiTCH : Pourquoi avoir choisi de créer en France plutôt que la Silicon Valley ?
Sébastien Schropff : Beaucoup de subventions à la création et d’aides sont disponibles (allocations de retour à l’emploi, NACRE, crédit impôt-recherche, Oséo etc) et permettent au début de démarrer facilement. Cela dit, ça ne veut pas dire que je resterai en France à terme car il y a un mauvais signal culturelle et économique envoyé aux entrepreneurs.

En France, un entrepreneur qui réussit est un voyou alors que c’est une rockstar aux USA. Par contre, si tu échoues en France, tu es nul et tu deviens une persona non grata. Aux USA, c’est l’inverse : on t’écoute davantage car tu as de l’expérience. Cette mentalité évolue auprès des plus jeunes (-40 ans). Cela dit, l’Europe se fige et devient un musée. Beaucoup de mes amis ont fait le tour du monde. Je n’ai jamais voyagé mais j’entreprends.

Les investisseurs n’investissent plus dans notre secteur d’activité. Les charges et impôts sont destructeurs d’emploi en France, chose très décourageante pour les jeunes entrepreneurs. Nous irons surement à terme au Royaume-Uni ou en Belgique, car le coût du travail est moins cher et il y a une certaine proximité ou aux USA pour la culture entrepreneuriale. D’ailleurs, les activités web représentent 5% de la croissance en PPB en France contre 15% en Angleterre et plus encore aux USA.

SWiTCH : Quel est votre business model ?
Sébastien Schropff : Nous ne faisons pas de pub sauf pour les billets, ni de revente des fichiers et des données des utilisateurs pour créer une situation de confiance avec l’utilisateur. Par contre, nous touchons des commissions sur les évènements payants, des abonnements existent pour les professionnels. Il y a aussi un système d’achat de points qui a été mis en place. Mais la question clé n’est pas celle de trouver un bon business model mais de connaître quand celui-ci sera rentable !

 

SWiTCH Initiatives – ITW de Laurent Surbeck, PDG de Montagne TV

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de la glisse et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous mettons en lumière des gens passionnés, qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Avec près de deux millions de téléspectateurs, Montagne TV est la nouvelle « chaîne qui monte, qui monte » ! Nous rencontrons aujourd’hui son PDG, Laurent Surbeck.

SWiTCH : Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

Laurent Surbeck : Je suis né et j’ai grandi en région parisienne mais depuis tout petit j’ai développé une passion sans borne pour la montagne et son univers. Entre le ski en hiver et les vacances d’été, j’ai appris à découvrir cette culture, cette histoire.

Parallèlement, j’ai suivi un cursus supérieur dans une école de commerce et me suis rapproché assez naturellement des média. J’ai eu la chance de travailler dans de grosses structures comme le groupe Lagardère, NRJ et TV8 Mont-Blanc. Ce fut une aventure humaine extraordinaire. En 2008 j’ai souhaité me lancer en solo et j’ai crée ma propre société de production OXO-Media. C’est à ce moment que l’aventure Montagne TV a débuté…

SWiTCH : Comment l’idée de cette chaîne 100% dédiée à la montagne est-elle née ?
Laurent Surbeck : Depuis quelques années cette idée trottait dans la tête de Jean-Philippe Caille. A l’époque des premiers essais de TV sur le web, il avait déjà déposé le nom de domaine Montagne TV. Et puis en 2010, étant tous deux de vrais passionnés de montagne, nous avons décidé de nous lancer dans cette aventure et de redonner vie au projet.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction en tant que chef d’entreprise ?
Laurent Surbeck : Je pense que c’est le fonctionnement de la chaîne. Elle est exactement comme nous l’avions imaginé, c’est-à-dire une chaine de qualité avec de vrais experts dans leur domaine. Et puis, notre aventure ne s’achève pas ici, l’objectif étant de développer la marque Montagne TV.

SWiTCH : Quelles ont été les principales difficultés depuis le début de l’aventure ?
Laurent Surbeck : Sans hésiter, la plus grosse difficulté est de maîtriser le développement, de savoir dire non à certaines opportunités qui se présentent, de prendre le temps de se développer. Faire des choix, prendre des risques, ce sont des tâches indissociables de la fonction d’entrepreneur. Par ailleurs, comme toutes les chaines de télévision, nous devrons prévoir l’avenir de la diffusion, de la consommation de la télévision.

SWiTCH : Comment vois-tu Montagne TV dans 5 ans ?
Laurent Surbeck : La chaîne sera de plus en plus internationale, à la fois en termes de diffusion mais également en termes de réseaux de correspondants.

Elle sera aussi de plus en plus innovante. De nombreux projets d’envergure sont à l’étude concernant la science-fiction, la 3D, la création de programmes courts toujours plus innovants.

D’une manière générale, je souhaite que nous soyons présent sur l’ensemble de l’univers de la montagne (relais d’informations touristiques, relais de vente de produits de montagne, etc.). Décliner au maximum la marque Montagne TV est l’un de nos objectifs.

SWiTCH : Un conseil pour des jeunes entrepreneurs qui souhaiteraient créer leur société ?
Laurent Surbeck : Selon moi, la bonne formule consiste à suivre son idée créatrice et à s’entourer en amont d’un cabinet d’expertise qui pourra analyser et créer un prévisionnel. Toutefois, on ne peut jamais prévoir de quoi demain sera fait. Il faut avoir foi dans l’innovation et défendre son projet jusqu’au bout. Mes derniers conseils seraient de ne jamais croire que l’on peut tout faire tout seul et de rester humble en écoutant et en apprenant sans cesse des gens qui nous entourent.

SWiTCH : Y a t-il une question que l’on ne t’a pas posée et que tu aurais aimé que l’on te pose ?
Laurent Surbeck : Concernant mon projet personnel peut-être. Aujourd’hui mon objectif est de continuer à construire cette chaine avec un peu moins de moi. Même si le challenge me passionne toujours autant, il ne faut pas personnifier une société. Selon moi, chaque entreprise devrait pouvoir exister sans son fondateur. C’est la suite logique !

Et puis, j’aurais davantage de temps libre pour mes projets personnels : repartir en montagne, écrire un livre,…

SWiTCH : Merci Laurent et longue vie à Montagne TV !

 

 

SWiTCH Initiatives – ITW de Pilou Sassi de White Cristal

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de la glisse et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous mettons en lumière des gens passionnés, qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Aujourd’hui nous rencontrons Pilou Sassi, co-fondateur de White Cristal.

SWiTCH : Bonjour Pilou Sassi, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Pilou Sassi : Bonjour, j’ai 29 ans et je suis originaire d’Annecy. J’ai étudié à l’IUT Technologique d’Annecy jusqu’en 2000. C’est à la même époque que j’ai rencontré mon associé, Matthieu (33 ans), à Avoriaz. Il était alors étudiant à l’École Polytechnique de Graphisme de Lausanne. Il est plus artiste que moi qui suis plus attiré par les aspects marketing et techniques du produit. Nous sommes complémentaires, c’est une des raisons du bon fonctionnement de notre boîte. Nous avons créé White Cristal en Janvier 2008 sous un statut de SARL.

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de White Crystal ?

P.S : Tout a commencé par un voyage pendant l’hiver 2005-2006. Nous avons parcouru 64000 kilomètres en moins d’un an, du Canada à l’Argentine. Dans un backpacker à San Martin de Los Andes, nous avons rencontré un gars qui nous a présenté deux frères avec qui nous nous sommes tout de suite liés d’amitié. Leur père, qui possède une usine de fabrication de meuble en bois, nous a laissé faire nos premiers prototypes de skis.

Après un an et demi de réflexion, on s’est décidé à lancer White Cristal. Au départ l’idée était de faire nos propres skis de freeride et de freestyle, pas nécessairement de créer une marque avec une gamme complète. Finalement, nous avons décidé d’en faire une mais sans mettre beaucoup d’argent. Nous ne voulions pas non plus nous endetter car on souhaitait limiter les risques.

Nous avons été capables de créer des pièces uniques, c’est ce qui nous différenciait de nos concurrents. D’autres entrepreneurs avaient déjà eu l’idée (KaOrigin et Uniq), mais les deux sociétés ont coulé notamment parce qu’elles n’avaient pas une bonne communication et que les prix étaient trop élevés. Cela dit, au début, nous n’avons pas fait d’étude de marché. Ce qui signifie que nous n’avions pas de cible précise, pas de politique de prix, pas de positionnement sur le marché. En réalité, nous n’avons pas recherché la rentabilité à tous prix. Au début, on a tout fait au « feeling » !

Notre chiffre d’affaire s’élevait à 100K€ la 1ère année, nous l’avons ensuite doublé chaque année. Nous produisons toujours nos skis en Argentine, c’est certes moins rentable que de les produire en Asie, mais nous préférons la qualité à la quantité.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales et les facteurs concurrentiels de White Cristal ?

P.S : L’écoute, l’accessibilité et la proximité avec les clients. Cela nous permet « d’être vrai » et d’admettre plus facilement nos points faibles (ex : des semelles sèches qui demandent plus de fart).

 Cette attitude nous donne aussi plus de crédibilité auprès de la clientèle. Parfois, certains clients deviennent de bonnes connaissances et nous allons skier avec eux. En fin de saison nous reprenons contact avec nos clients pour avoir des retours sur les produits achetés. On gère tout nous même : de la création au SAV, en passant par la vente, le secrétariat, les commandes de matières premières, la communication, etc… Nous produisons en moyenne 400 paires de skis par an, donc nous connaissons nos produits au millimètre près. Ils sont vérifiés point par point. On est aussi très flexible sur nos horaires. Nous livrons quasiment les clients en mains propres: nous aimons voir leurs regards quand ils découvrent leurs skis !

SWiTCH : Le fait d’avoir créé ton entreprise pendant la crise économique a-t-il était un problème ?

P.S : Non, non pas du tout. On l’aurait créé de toute façon !

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction en tant que Chef d’entreprise ?

P.S : Ma plus grande satisfaction a été de voir les premiers skis sortir et de savoir que c’était quelque chose que j’avais créé de A à Z. J’en retire beaucoup de fierté.

SWiTCH : Quel est ton conseil pour les rookies qui voudraient se lancer dans la création d’entreprise ?

P.S : Comme je l’ai dit, nous n’avions pas fait d’étude de marché au début. On est allé trop vite dans la démarche. Donc ma recommandation serait la suivante : prenez votre temps ! Allez-y doucement mais surement !

SWiTCH : Comment vois-tu White Cristal dans 5 ans ? Dans 10 ans ?

P.S : Nous espérons diffuser nos produits dans 20 pays différents dans les 5 prochaines années. Nous souhaitons nous développer au Canada, aux U.S, etc… afin d’avoir une bonne couverture géographique.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez pour faire connaître la marque et les produits ?

P.S : Nous utilisons principalement les réseaux sociaux comme Facebook car nous ne faisons ni commercial ni marketing ! Le bouche à oreille et notre proximité avec les clients font le reste !

SWiTCH : Quelle est la question qu’on ne t’a pas posé et que tu aurais aimé qu’on te pose ?

P.S : Ce n’était qu’un délire au départ nous n’étions pas issus de ce milieu, nous ne savions pas fabriquer un ski, nous avons tout fait à la « roots ». Nous n’avons pas créé notre entreprise dans l’arrogance mais plutôt pour nous faire plaisir. Nous avons beaucoup de projets secondaires dans plusieurs domaines (street wear, optique…) mais nous avons aussi beaucoup de frein pour ces projets (prix, concurrence accrue et pratiquement aucune distribution en France). Notre dernier projet est de proposer aux entreprises des skis professionnels : « Skis Entreprises ».

SWiTCH : Merci Pilou et bonne continuation à White Cristal !