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[SWiTCH Initiative] ITW de Julien Durant de Picture Organic Clothing… 5 ans plus tard !

Depuis 2011, nous rencontrons régulièrement des chefs d’entreprises passionnés qui font bouger les lignes en créant des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives ou de leur philosophie de vie. Il y a 5 ans, SWiTCH avait rencontré Julien Durant, co-créateur de Picture Organic Clothing. A l’occasion d’un déjeuner, il nous a livré son regard sur l’évolution de sa société, ses facteurs clés de succès et sa vision pour l’avenir. Interview « no bullshit ».

Julien Durant - Picture Organic Clothing - Portrait

SWiTCH : Quoi de neuf chez Picture Organic Clothing depuis décembre 2011, date de notre dernière ITW ? Quels sont les grands événements ou étapes que vous avez franchis en matière de développement d’entreprise et de marque ?
Julien Durant (J.D) : Je n’aurai pas une approche chronologique pour répondre à ta question, mais plutôt thématique. Nous avons beaucoup travaillé sur 4 sujets principaux :

  1. Le produit : Le produit et le travail de R&D est en place depuis la création de l’entreprise. Notre rencontre avec Henry Soulier nous a vraiment permis de passer à l’étape supérieure. Le travail avec Jonathan & Fletcher était formidable, nous avons beaucoup appris et cela nous a permis de travailler à l’échelle européenne. Mais il nous fallait passer d’une approche artisanale à une approche industrielle pour pouvoir entrer dans la cour des grands au niveau de l’innovation.
  2. La démarche écologique et développement durable : depuis 2013, nous avons poussé encore plus loin notre approche « no bullshit » du sujet. Nous avons mis en place un partenariat avec l’agence AIR pour nous accompagner dans la réalisation d’un audit complet du cycle de vie de nos produits. Nous avons particulièrement insisté sur la fin de vie des produits. Cette étape cruciale est désormais intégrée dès la conception des lignes textiles et accessoires. Notre démarche a été couronnée d’un premier ISPO Eco Award en 2014 pour la veste Welcome, qui est 100% recyclable, et d’un second en 2015 pour notre casque 100% éco-conçu. Nous avons ensuite réalisé un gros travail d’optimisation de la démarche globale de l’entreprise. Ce qui nous conduit au 3ème point : le développement social.
  3. Le développement social : Nous nous sommes interrogés sur le rôle de notre entreprise au sein de la société. On s’est aussi demandé ce qu’on faisait pour nos salariés. Nous avons donc décidé que pour tous les salariés qui avaient un projet personnel à caractère caritatif dans le cadre d’une association serait 100% pris en charge par l’entreprise. Ainsi, s’ils ont envie d’aller sauver les tortues à l’autre bout du monde pendant leur congés ou construire une école en Afrique pendant leur week-end, nous prenons en charge leur frais. Il ne s’agit pas de leur payer leurs vacances, mais de contribuer à leur permettre de rendre le monde meilleur ! Deux conditions pour la mise en œuvre de ce dispositif : avoir une lettre de mission de l’association décrivant le projet et que ce dernier soit à vocation sociale ou environnementale. Inutile de dire que nos collaborateurs ont trouvé l’idée motivante : ça donne du sens à ce qu’ils font au sein de Picture Organic Clothing et aux valeurs qu’ils portent au quotidien dans leur cadre professionnel. Nous allons par ailleurs créer une plateforme de crowdfunding pour soutenir des causes ou des projets entrepreneuriaux. Nous choisirons les projets que nous préférons pour les soutenir. Enfin, l’ensemble de nos athlètes sponsorisés a l’obligation de transmettre un message de sensibilisation à l’environnement et au développement durable dans leur prise de parole sur les média sociaux ou dans leurs vidéos. De cette façon, le message touche le plus grand nombre et petit à petit les gens prendront conscience de l’importance de protéger l’environnement.
  4. La diffusion : La marque a pris une aura internationale, elle est crédible et reconnue sur le marché international. Nous sommes désormais présents sur 150 points de vente en Amérique du Nord, 650 en Europe et une trentaine en Asie/Pacifique. La marque n’est pas assimilée à une marque française, mais à une marque globale. Cela permet l’adhésion de toutes les cultures et c’est un point fort pour l’avenir.

Julien Durant et les co-fondateurs de Picture Organic Clothing

SWiTCH : Quelles sont, selon toi, les facteurs clés du succès du développement de Picture ?
J.D : Les clés de notre bon développement résident, d’une part, dans notre démarche « no bullshit » en matière de développement durable. Nous ne sommes pas des opportunistes, nous ne suivons pas un effet de mode en la matière. C’était inscrit dans notre ADN de marque dès la création. Dans la même ligne, nous ne sommes pas vénaux ! L’argent n’est pas notre motivation première, nous n’avons pas besoin d’argent pour exister. Ce qui nous motive davantage, c’est de pouvoir assouvir nos loisirs – snowboard, wakeboard, randonnées en montagne, etc. – d’avoir de la reconnaissance sociale et surtout de briller dans les yeux de nos proches, nos pères en particulier… Nos clients le sentent bien et c’est aussi ce qui explique qu’il y a une adhésion multi-générationnelle, de 15 à 50 ans, autour de Picture Organic Clothing. D’autre part, nos produits présentent un excellent rapport qualité-prix. Nous avons fait de grandes concessions pour arriver à ce résultat, puisque notre marge n’est que de 39% quand nos concurrents se réservent 50%. C’est aussi pourquoi nous ne faisons pas de solde ou d’offre discountée. Les produits sont toujours vendus aux mêmes prix et le marché accepte de les tenir. Enfin, le dernier facteur, qui lui aussi est très fort depuis le départ, ce sont tous les efforts que nous menons en matière d’innovation sur les produits. Nous cherchons en permanence à améliorer nos produits et à n’en sortir de nouveaux – sacs, casques, etc. – que lorsque ceux-ci amènent vraiment quelque chose de nouveau sur le marché que ce soit dans leur composition et leur processus de fabrication ou dans le design.

SWiTCH : Ride For Future, Rider/protéger/partager, près de 8 ans après la création de Picture, vos valeurs sont elles toujours les mêmes ou ont-elles changé ?
J.D : Ca n’a pas bougé d’un pouce ! Il n’y a pas de dilution du discours et c’est ce qui fait que nous avons tant d’adhésion et d’affecte autour de la marque. Ca aussi c’est l’un de nos facteurs de succès !

SWiTCH : Quelle ont été vos plus grandes difficultés ces 5 dernières années ?
J.D : Je n’en vois pas vraiment, tout a été assez fluide. Il a fallu cravacher : on a rien sans rien ! Mais nous n’avons pas eu de gros coup dur. Nous avons a eu une gestion en bon père de famille et nous avons investi raisonnablement. Nous avons par contre eu à relever deux défis. Le premier est lié au fait que notre activité est très saisonnière et que l’été ne décolle pas autant que ce que nous voudrions. Cela ne représente que 15% de notre chiffre d’affaire. C’est pour cela qu’en 2016, nous nous lançons dans la wetsuit, afin de rééquilibrer et pérenniser l’activité. Le second était lié au service client, car nous avions de gros problèmes de facturation et de livraison. Pour y palier, nous avons beaucoup embauché sur des postes liés à la comptabilité, à la logistique, à la gestion administrative, etc. Depuis 2015, nous avons enfin une plateforme BtoB et notre service client est devenu honorable.

Julien Durant - Picture Organic Clothing

SWiTCH : Vous êtes sur le marché US désormais ? Comment vous êtes vous lancé ? Quelles difficultés ? Quelles surprises ?
J.D : Nous avons en effet investi le marché nord-américain par le biais d’un représentant sur place que nous partageons avec plusieurs marques (dont Black Crows, ndlr) pour mutualiser et diminuer les frais fixes, et être présent sur les quinze salons les plus importants aux USA.

Le marché américain local est très important et très maillé. Il est donc très difficile d’y pénétrer. Le cours Euros-Dollars ne facilite pas non plus les choses… Pour y faire de bonnes affaires, je recommande de ne surtout pas y aller seul et de trouver le bon partenaire sur place. Il faut être introduit et savoir faire parler de soi en amont. Il est nécessaire d’être beaucoup plus personnel dans les relations avec les retailers.

SWiTCH : Comment vois-tu Picture dans les 5 à 10 prochaines années ? Quelles sont les prochaines étapes à franchir pour la marque ? Quels projets avez-vous ?
J.D : Nous envisageons un chiffre d’affaire de 15 millions d’euros en 2016. Nous ne souhaitons pas faire entrer de nouveaux investisseurs. Nous voulons rester chez nous ! Cela nous évite de faire des reportings au kilomètre et nous permet d’aller rider quand nous le voulons sans avoir à s’en justifier. Si nous achetions un outil industriel, comme une usine, alors il le faudrait surement, mais ce n’est pas notre intention. Nous souhaitons surtout développer notre chiffre d’affaire à hauteur de 40% sur le marché de l’eau pour désaisonnaliser la marque. C’est un gros challenge, mais notre facteur clé de succès est un produit de très haute qualité au bon prix.

Julien Durant - Picture Organic Clothing - Leisure

Nous n’aspirons pas à la grande distribution, cela ne correspond pas à notre ADN de marque. Par contre, nous aimerions développer un réseau de points de ventes franchisés. Il faut aussi que nous continuions à légitimer la marque par le haut pour la rendre plus intemporelle et non plus « à la mode ».

Enfin, nous voulons descendre en ville par le biais des retailers et de concepts stores. Nous devons devenir un acteur urbain.

J’aimerai qu’on accède à l’échelle de Patagonia d’ici 10 ans… mais eux, ça leur a pris 40 ans !

SWiTCH : Qu’est-ce qui a changé ces 8 dernières années, depuis la création de la marque ? Process de fabrication ? Gestion d’équipe/RH ? Flux financiers ? Composition de l’équipe dirigeante ?

J.D : Nous sous-traitons de nombreux postes clés à des freelances ou des sociétés spécialisées. Ainsi les RH sont gérées par un cabinet, parce que c’est vraiment pénible. On en fait des tonnes sur ce sujet pour pas grand chose au final. Par contre, le management ne passe que par une approche humaine et par la motivation. Ainsi le bien-être au travail et un fort sentiment d’appartenance à l’équipe sont les points les plus importants auxquels nous sommes très vigilants. Nous vivons ensemble avec les équipes : on fait du sport, on partage nos chambre d’hôtel quand nous sommes en déplacement, etc.

SWiTCH : Tu es marié et tout jeune papa d’un petit Tom depuis quelques semaines, pas trop dur de tout mener de front ? En quoi est-ce que ça change ton rapport au travail ? Quelles sont tes sources d’inquiétude en tant que chef d’entreprise ? Et, a contrario, quelles sont les plus grandes sources de joie et de fierté ?
J.D : J’ai peur d’être dépassé par tous les projets, d’être trop enthousiaste à vouloir trop en faire et, par conséquent, que nous nous retrouvions dans une situation ingérable.

J’ai peur de ne pas avoir assez de temps libre. Je veux pouvoir avoir le temps d’éduquer mon fils et qu’il est des valeurs. Je découvre petit à petit que j’ai envie de passer plein de temps avec lui. Je vais surement devoir rationnaliser mes déplacements en travaillant par tranche de cinq jours pour être présent à la maison le week-end plutôt que de partir pour trois semaines.

Mon rêve est somme toute assez simple : je veux être tranquille et qu’on ne me casse pas les pieds pour passer du bon temps ! Je veux le faire en France, et non pas aux USA, parce que contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas la panacée.

SWiTCH : Merci Julien et longue vie à Picture Organic Clothing !
J.D : Merci à SWiTCH et rendez-vous dans 5 ans pour faire le point !

 

 

[La bonne nouvelle du mercredi] Badiane Créations confie sa stratégie marketing à SWiTCH !

Badiane-Creations-logo

Créé par Nathalie Roux-Dessuet, Badiane est un atelier de création installé à St Pierre de Chartreuse, dans l’Isère. Avec ses collaboratrices, Cécile et Hélène, elle imagine, façonne à la main et coud des vêtements pour femme dans des ambiances dynamiques, colorées ou acidulées. Badiane propose aussi toute une gamme de vêtements et produits pour la naissance et la petite-enfance avec des matières chaleureuses, douces et naturelles. Les modèles allient confort, esthétique et originalité, sans jamais oublier des détails qui rendent chaque vêtement unique.

Après 11 ans d’intense activité, il était temps pour Badiane de se poser pour réfléchir à sa stratégie marketing. La créatrice a fait confiance à SWiTCH pour l’accompagner dans ses choix. Au programme : une plateforme de marque complète, un positionnement clair, un ciblage et une segmentation précise des clientèles, un benchmark sur plus de dix marques concurrentes en France et à l’étranger et des recommandations sur les canaux de distribution des produits, sur la politique tarifaire, sur les actions de mise en marché et de communication à réaliser.

Nous allons donc avoir le plaisir de découvrir un nouvel univers, plein de poésie et de créativité !

Badiane-Creations-Credits-photos-Armelle-Solelhac-SWiTCH

Retour sur le Design Summer Camp 2015

SummerDesignCamp2015

L’édition 2015 du Design Summer Camp, événement dédié au design de produits et de services dans l’industrie outdoor, a eu lieu du 14 au 18 septembre 2015 à Annecy. SWiTCH, par le biais de sa Présidente Armelle Solelhac, était invité à participer au Stand Up du Design aux côtés de 10 jeunes talents et personnalités référentes du Design. Partage d’expérience.

L’objectif de la soirée était de présenter une expérience ou une réflexion en 10 minutes chrono.  Nous avons donc choisi de parler d’un thème qui nous tient à coeur depuis plus de 8 ans : comment créer une expérience, un produit / service ou une marque « Wow ! » ? Très largement inspiré par les travaux de la formidable Patricia Gallot-Lavallée, nous avons donc présenté les 6 ingrédients qui permettent de construire une telle expérience ou marque. Comme nous n’avions qu’une minute et trente secondes par ingrédient, il a fallu faire de grosses coupes dans le discours. C’est naturellement générateur de frustration pour nous comme pour le public. Pour compléter le discours ou pour ceux qui n’auraient pas pu venir, voici la présentation au complet.

Rendez-vous l’année prochaine sur la côte basque pour le Summer Design Camp 2016 !

[La bonne nouvelle du mercredi] Fairweather Ski Works confie la définition de sa stratégie marketing et son SEO à SWiTCH !

Fairweather Ski works logo

Basée à Haines en Alaska, Fairweather Ski Works est une marque de skis et snowboards en bois entièrement personnalisables et respectueux de l’environnement. Lancée il y a tout juste deux ans, la start-up a fait appel à SWiTCH pour se doter d’une stratégie marketing et communication efficace et travailler sur son SEO.

Notre passage en Alaska en Janvier dernier a été fructueux à tous points de vue. En plus d’avoir participé à l’Innovation Summit de Juneau, nous y avons rencontré l’un des fondateur de FSW qui nous a présenté avec enthousiasme ses skis fabriqués à la main, avec du bois issus d’arbres locaux qu’il va scier lui-même. De fil en aiguille, FSW a souhaité nous confier le soin de réaliser au cours de l’été une étude de marché et une analyse concurrentielle pour aboutir à la définition de leur nouvelle stratégie marketing. Les objectifs de cette mission étaient multiples :

  • Construire une identité de marque fondée sur ses valeurs et ses atouts ;
  • Comprendre qui sont les clients potentiels de la marque et définir de nouvelles cibles ;
  • Positionner et différencier la marque par rapport à son univers concurrentiel ;
  • Développer des canaux de commercialisation efficaces ;
  • Créer un plan d’actions marketing et commercial complet ;
  • Repenser la politique tarifaire ;
  • Améliorer le SEO.

Les résultats de nos recommandations ont fait l’objet d’un (gros) rapport de près de 200 pages. Les résultats devraient être visibles d’ici quelques mois.

Observatoire des tendances : 8 tendances marketing, habitat, alimentation, shopping, sport et voyage en 2020

Que nous réserve demain ? Que sera notre quotidien dans 5 ans ? Quels seront les nouveaux enjeux ? De quoi auront envies les consommateurs ? Afin d’être préparé au mieux aux changements de demain, SWiTCH a élaboré un observatoire de tendances. Nous partageons aujourd’hui les premiers résultats : du marketing au voyage, en passant par l’habitat, l’alimentation, le shopping et le sport, voici 8 tendances à venir d’ici 2020.

[La bonne nouvelle du mercredi] Le CRT de Franche-Comté nous confie sa campagne de communication 2015 !

Après avoir accompagné la Franche-Comté dans la création de ses stratégies de marques en 2013 et dans l’élaboration, la réalisation et l’évaluation d’un plan d’actions B to C sur les marchés Français, Allemand et Suisse pour la gamme relative au tourisme culturel et urbain en 2014, le Comité Régional du Tourisme nous confie à nouveau sa campagne de communication en 2015 !

Au programme pour cette nouvelle collaboration sur les prochains mois, un dispositif cross média combinant :

  • 2 tournées d’opérations événementielles de grande ampleur en ambient marketing en France, en Belgique et en Allemagne
  • Jeux-concours en ligne et sur le terrain
  • Community management dédié sur les réseaux sociaux
  • Création de brand content sur les réseaux sociaux
  • Campagnes publicitaires online (ad words, achats d’espaces sur les réseaux sociaux)
  • Réalisation d’un film « Making of » pour présenter la campagne et les résultats

Pour retrouver le dispositif que nous avions créé l’année dernière pour le CRT de Franche-Comté, c’est ici !

Le Project360 de Mammut – Julien Thierry

Il n’est plus à discuter l’importance de la digitalisation pour les organisations tant le monde numérique a désormais pénétré toutes les strates de nos vies. En tant que passionné de marketing, de digital et de sports outdoor, avec le double regard d’acteur du secteur, j’ai eu l’agréable expérience de découvrir la dernière campagne online marketing de Mammut, #Project360. Une campagne maîtrisée et très contemporaine qui pourrait préfigurer du futur de la communication dans notre secteur des sports outdoor.


UNE PLANIGICATION DE CAMPAGNE MAÎTRISÉE

Bon Timing Contextuel

L’industrie Outdoor connait une période de forts mouvements économiques, entre :

– Croissances externes par fusion-acquisition générant de nouveaux « gros » dans l’industrie outdoor tels que VF Corps avec The North Face en tête d’affiche, Columbia, le groupe Amer Sports et Salomon, etc..

– Croissances internes et diversification au sein du sportmarket  (Adidas Outdoor pour le mastodonte, mais aussi arrivée des acteurs du running sur le segment plus Outdoor par le trail-running, voir infra)

– et des difficultés d’acteurs historiques comme Lafuma Group.

A cela s’est ajouté, par un effet d’opportunité lors des 5 dernières années, une forte concentration des actions de développement sur des niches en très forte croissance notamment le trail-running qui a, et continue, d’attirer toutes les convoitises, etc…

Dans ce contexte, il n’est pas inintéressant et inopportun de voir que la fin d’un cycle très dynamique est peut-être arrivé, laissant place à une nouvelle ère de structuration et de consolidation. A ce jeu là, je trouve très pertinent de la part de Mammut (qui joue à la marge sur l’échiquier du trail-running) de ré-asseoir ses bases sur son core-business, l’alpinisme. Une manière de ne pas perdre ses racines, son image de marque, et finalement, son poumon. Autant d’éléments qui lui permettent de saisir les opportunités de croissances, et peut-être d’exploiter les interstices ainsi laissées vacantes par la concurrence.

Bref, #Projet360 s’insère dans un excellent timing contextuel pour Mammut. Une maîtrise calendaire qui va jusqu’à la date de lancement.

Timing Saisonnier

En effet, avec un lancement de campagne de marque aux alentours du 9 juillet, Mammut occupe l’espace médiatique au meilleur moment pour le faire. En sell-out, il s’agit de la transition saisonnière avec la fin de saison commerciale estivale (voir les soldes dans divers pays), mais encore avant le début de la saison hivernale. Cette période de creux permet de ne plus se focaliser sur les focus produits et ainsi en profiter pour recapitaliser l’image de marque, pour la saison à venir. Bonus non négligeable, pour les acteurs de l’Outdoor, le 9 juillet correspond également peu ou prou au début de OutDoor show, à Friedrischaffen, de quoi activer de manière originale le salon B2B et donc faire double usage de l’opération.

Identité visuelle

Un cas d’école certes ; et du coup bref à aborder, mais toujours est-il que Mammut a soigné ses présentations. Une charte graphique cohérente et fidèle, qui conserve ses éléments distinctifs de rouge intense, et qui permet d’entretenir la notoriété qualifié de la marque et sa reconnaissance à travers tous ses supports d’expressions.

Finalement, Projet360 est un joli cas d’école pour une campagne de communication, qui pérennise une image et identité de marque, au meilleur moment pour le faire vis à vis des pratiquants, et des opportunités/menaces intra-sectorielles. Encore faut-il réaliser une bonne campagne !

 

UNE CAMPAGNE COMTEMPORAINE

Qui dit Brand Image dit diffusion plutôt massive, or l’Alpinisme et la haute montagne restent une relative niche. Dans ces conditions, une campagne web représente la meilleure solution entre possibilité de ciblage, contenu interactif et/ou évolutif et surtout potentielle viralité et donc gain de notoriété.

Une idée émotionnelle

Project360 est basé sur le « Partage d’émotions ». En équipant deux alpinismes d’une solution d’image à 360°, Mammut permet aux internautes de revivre l’ascension de la face nord de l’Eiger. Une manière de faire rêver les pratiquants, voire pour nombre d’entre eux de rendre accessible l’inaccessible. Et une fois qu’on y a goûté, on prend plaisir à naviguer d’un spot à l’autre pour prendre le temps de contempler les magnifiques paysages ainsi capturés. L’internaute est alors acteur de son expérience : il peut naviguer, contempler, s’arrêter, revenir autant de fois qu’il veut pour admirer ce qui le touche le plus.

Une idée originale

Une clé de réussite du projet? L’idée originale de capitaliser sur le même genre de technologie que Google Street View, et de l’appliquer dans un usage plus sectoriel. De fait, 90% des gens se représentent assez bien la solution technique, et le mode de navigation. Et peuvent ainsi se concentrer sur le sujet plutôt que sur le moyen : plus de temps de plaisir donc, et plus d’envie de partage !

Viralité?
C’est le point le plus difficile pour moi à analyser, bien que tous les éléments sont réunis pour une belle campagne. J’ai personnellement été atteint par un lien sponsorisé plutôt que par diffusion organique, mais j’ai envie de dire, dans ce cas précis: et alors? Si Mammut a appuyé sa campagne sur du sponsoring, d’une part elle l’a budgétisé (oui oui, c’est bien fini l’époque du social média qui serait de la communication gratuite ;-), et d’autre part, le fait même que j’en parle, même dans le cadre d’un article de benchmarking B2B, souligne que l’impact est présent.

Et, si je n’ai pas toutes les statistiques social média de ce confrère, j’ai pu retrouver un post du 18 juin qui mentionnait que Mammut venait de passer à 300 000 fans facebook. Avec une acquisition de 46 000 nouveaux fans en à peine 3 mois, soit +15%, je pense que les indicateurs sont plutôt bons pour Mammut 🙂

Bonus 

Mention spéciale pour une campagne a priori relativement eco-friendly : une expé alpi classique avec un tout petit peu d’équipement, finalement un partage de rêve qui ne devrait avoir que peu d’impacts écologiques (hormis celui du web).

 

En conclusions, la campagne de Mammut est un joli cas d’école, avec une maîtrise des fondamentaux (timing, identité) et qui s’appuie sur des éléments très contemporains de marketing émotionnel et de digitalisation. L’avenir nous dira s’il s’agit uniquement d’un one shot, ou si la liste des destinations va s’allonger.

Il y a toutefois fort à parier que l’opération sera reconduite (et même peut-être une opportunité de partenariat pour valoriser des territoires ?). Ce sera peut-être également l’occasion pour davantage de marketing relationnel pour encore plus d’activation (votez pour la prochaine expé 360… etc).

En tous les cas, une opération originale, qui rend accessible l’inaccessible, et contribue à continuer de faire rêver les pratiquants. Toutes mes félicitations à mes confrères.

 

Julien Thierry
Auteur invité sur le blog de SWiTCH

Intrapreneur dans l’âme, véritable fanatique de l’innovation et du marketing, Julien Thierry est diplômé en Marketing & Management du Sport. Animé par le plaisir de créer de la valeur d’usage et par le management de projets mais aussi amoureux des sports Outdoor pour les sensations, le dépassement de soi et la convivialité, il est désormais coordinateur marketing chez Scott Sports après 4 années passées en tant que responsable marketing pour une célébre marque spécialisée dans le secteur du trail-running. 

[La bonne nouvelle du mercredi] Le CRT de Franche-Comté nous confie l’élaboration et réalisation d’un dispositif de campagne grand public spécifique au tourisme culturel et urbain !

En 2013, nous avions eu le plaisir d’accompagner la Franche-Comté dans la création de ses stratégies de marques. Cette année, le Comité Régional du Tourisme vient de nous confier l’élaboration, la réalisation et l’évaluation d’un plan d’actions B to C sur les marchés Français, Allemand et Suisse pour la gamme relative au tourisme culturel et urbain.

Au programme pour cette nouvelle collaboration sur les douze prochains mois, un dispositif cross média combinant :

  • Opérations événementielles de grande ampleur en ambient et en experiential marketing
  • Tournages de films publicitaires
  • Déploiement de dispositifs vidéos sur le web
  • Jeux-concours en ligne et sur le terrain
  • Community management dédié sur les réseaux sociaux
  • Création de brand content
  • Campagnes publicitaires
  • Relations presse 2.0 (blogueurs et influenceurs sur les réseaux sociaux)

SWiTCH Initiatives – ITW de Jean-Christophe Guillaud-Bataille, Fondateur d’ESTHETE

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de l’outdoor ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous partons à la rencontre des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons récemment échangé avec Jean-Christophe Guillaud-Bataille, fondateur de l’entreprise ESTHETE, marque française de vêtements et accessoires intelligents pour le vélo en ville. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous nous présenter votre parcours, et pourquoi avez-vous créé votre entreprise ?
Jean-Christophe Guillaud-Bataille : J’ai 32 ans et suis originaire de la région Rhône Alpes. J’ai une formation double d’Ingénieur et de Designer produits. J’ai pratiqué les deux compétences dans deux postes différents. J’ai d’abord été ingénieur designer produit dans une agence de Grenoble dans le secteur des sports de montagne et également du vélo. J’ai eu une deuxième expérience plus technique dans une PME du côté de Lyon, où je vis aujourd’hui, en tant que responsable du bureau d’études.

Ce qui m’a amené à Cycles Esthète ! J’ai fait pas mal de vélo étant étudiant et encore même aujourd’hui. Depuis de nombreuses années, je suis fan de vélos urbains et fonctionnels, mais également du milieu du fixie, où les vélos sont très esthétiques. En travaillant en tant que designer dans ce milieu, j’ai eu beaucoup idées sur l’équipement du cycliste. J’ai constaté qu’il manquait quelque chose aujourd’hui pour les cyclistes urbains. Depuis un moment j’avais cette idée d’apporter une solution aux personnes qui vont travailler en ville et qui ont cette problématique d’avoir des vêtements étanches, respirant, esthétiques, élégants, mais également sécuritaires. Je voulais faire une alternative au gilet jaune que je trouve laid, en le remplaçant par un système électronique, avec un éclairage à LED.

La veste que nous avons baptisé « Eclaireur » est équipée de ce système. Nous pensons déjà à d’autres solutions pour l’avenir en utilisant notamment des matériaux phosphorescents.

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches à l’annonce du projet ?
JCGB :
J’ai reçu beaucoup d’encouragements. Les personnes qui me connaissent bien savent que j’ai un esprit d’entrepreneur. Avant d’avoir créé cette société, j’avais un statut d’auto-entrepreneur parallèlement à mes différents postes. J’ai toujours aimé avoir une activité et entreprendre. Cela a été très bien perçu par ma famille, par mes amis, j’ai eu le soutien de ma femme. C’est elle qui a décidé si oui ou non nous allions démarrer le projet ensemble. Elle m’a soutenu et elle m’a même aidé au début dans les démarches commerciales. Je n’ai reçu aucun avis négatif, l’accueil de mes proches a été très favorable !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez connu depuis la naissance du projet jusqu’à aujourd’hui ?
JCGB : La partie administrative : la création en elle-même, la rédaction des statuts, le dépôt des dossiers dans les différentes institutions comme la CCI, le tribunal de commerce, etc… Sur les 6 mois de vie l’entreprise, j’ai passé la moitié de mon temps à me battre contre la paperasse ! Pour moi, créer un produit, le développer et le commercialiser, est la partie la plus passionnante, la plus amusante et la plus facile du projet. Tout l’aspect administratif a été très pénible et laborieux, j’ai fait plusieurs fois les mêmes choses. On dirait que l’Etat n’a pas très envie d’encourager les gens à créer des sociétés tellement les démarches sont compliquées.

SWiTCH : Quelle a été la plus grande satisfaction depuis la création ?
JCGB : C’est le jour où j’ai vendu les premières vestes dans une boutique à Paris. C’est une boutique que j’ai presque harcelé pour obtenir un accord de leur part. Le positionnement est très nouveau, le concept est novateur et tout le monde apprécie le produit. Par contre il y en a encore qui sont réticents sur le niveau de prix (ndlr : 600euros TTC). J’ai beaucoup insisté dans les boutiques qui ont décidé de me référencer. Ça m’a fait plaisir de trouver des boutiques prêtes à partager les risques et prêtes à aider une entreprise jeune et innovante.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?
JCGB : C’est d’abord la culture de l’innovation. Nous apportons des produits innovants et technologiques. Pour l’instant il n’y en a qu’un produit connu, mais une gamme est en cours de développement et chaque produit fait l’objet de recherches avancées. Il y a une vraie volonté de rompre les codes entre esthétisme, technologie et usage.

La deuxième valeur fondamentale est l’éthique. Nous nous adressons au milieu du vélo, on parle d’un mode de déplacement doux. Il y a une vraie éthique environnementale et une vraie éthique humaine. Il y a également une éthique économique : je cherche à faire produire les produits le plus proches possible de nous. On relocalise tout ce qui est faisable dans la société.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication à l’heure actuelle ?
JCGB : J’ai un site Internet, j’ai mis en place une page sur Facebook avec le plus de fans possible, je pense que c’est aujourd’hui un outil de communication très puissant, ainsi que Twitter, Pinterest, Linkedin,…

J’utilise également des moyens de communication un peu plus classiques comme la presse et le mailing. Je fais aussi de l’évènementiel, puisque j’ai récemment participé au Salon du Cycle à Paris. Cet évènement m’a apporté beaucoup de retour sur les produits auprès des distributeurs, de la presse et des utilisateurs finaux. Cela a aussi été un vecteur de notoriété. Le grand public a pu découvrir les produits sur le stand.

SWiTCH : Au niveau de vos moyens de distribution, avez-vous décidé de vendre exclusivement en boutique ou avez-vous également prévu de vendre en ligne via votre site internet ?
JCGB : Je distribue dans les boutiques physiques dans les grandes villes de France. Nous serons bientôt présents dans les pays étrangers. Nous privilégions des boutiques haut de gamme qui proposent de très jolis produits. Nous avons aussi notre propre boutique sur notre site web.

SWiTCH : Cela ne choque pas les retaillers de vous voir vendre sur votre site Internet ?
JCGB : Ça les fait un peu grincer des dents, mais aujourd’hui c’est incontournable. Le e-commerce est en train de prendre beaucoup d’importance, il est donc logique que je m’installe dessus. Ce sont les nouvelles règles du jeu, il faut que les boutiques sachent jouer avec. Il y a  certaines boutiques qui m’ont dit clairement qu’elles ne prendraient pas mes produits à cause de cela. C’est un choix, mais je préfère me concentrer sur le e-commerce et avoir des boutiques physiques très qualitatives. Aujourd’hui, on peut être sur le web, tout en restant éthique et correct vis-à-vis de la distribution traditionnelle. Je ne vais pas casser les prix, je reste dans les mêmes conditions que ce qui se passe en boutique physique, donc à priori les magasins ont plus de chances d’avoir des clients. Il y a toujours l’avantage de pouvoir toucher le produit et l’essayer. Je pense clairement que la tendance va s’inverser dans quelques années, il va y avoir de plus en plus de e-commerce, c’est évident au vu des facilités que cela représente.

SWiTCH : Quelle est votre vision à cinq ans pour votre entreprise ?
JCGB : C’est tout d’abord de bien faire le tour de tous les vêtements techniques pour le cyclisme urbain. Je pense aussi, dans quelques années, m’intéresser à toute la mobilité urbaine en général avec des moyens de déplacement comme le scooter, la moto et tout ce qui est alternatif, comme les trottinettes. Ma vision est d’avoir une vraie gamme de vêtements et d’accessoires qui s’adressent à une clientèle d’aventuriers urbains. Je vais m’intéresser à tous les déplacements urbains alternatifs.

SWiTCH : Est-ce que vous auriez un conseil pour une personne qui voudrait créer son entreprise, mais qui n’ose pas encore ? Par où commencer ?
JCGB : Tout d’abord sachez qu’il existe des aides. Un bon point de départ c’est d’aller voir la CCI de votre département. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous, ils vont vous proposer un accompagnement personnalisé pour créer votre société. Ils vont vous aider à constituer votre business plan et réaliser vos prévisions financières, présenter les types de produits, les moyens de distribution, etc… La CCI propose des modules de formation très intéressants.

Je me suis également intéressé au réseau Entreprendre et au réseau Initiative France. Il y a des clubs et des associations qui aident les jeunes entrepreneurs. Il ne faut pas hésiter à aller les voir. Ils ont plein de bonnes idées ! Cela permet d’aller beaucoup plus vite pour prendre des décisions et faire des choix. Je conseille aux jeunes entrepreneurs de ne jamais baisser les bras, même si cela peut paraitre compliqué et si parfois on a l’impression d’être un peu noyé, il ne faut pas se décourager et il faut en parler autour de soi, c’est une bonne expérience.

SWiTCH : Merci beaucoup Jean Christophe et bonne continuation !

Photos : G. Piel.