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SWiTCH Initiatives – ITW de Christophe Hermitan, fondateur de Synpeak

Sportif de haut niveau, Christophe Hermitan a décidé de mettre à profit son expérience d’athlète au service des enjeux de la forme et de bien-être en entreprise. Il a fondé l’entreprise Synpeak en 2012 avec Marie Aufranc. Leur but : intégrer le sport en entreprise et suivre les acteurs de l’entreprise dans leur bien-être personnel. Interview.

SWiTCH : Bonjour Christophe, vous avez 15 secondes top chrono pour vous présenter !

Christophe Hermitan : Bonjour, j’ai effectué une formation STAPS sur Grenoble, puis Lyon pour obtenir un master en préparation physique et mentale. Après une carrière de sportif de haut niveau, j’ai entrainé l’équipe de France de ski cross jusqu’en 2008, puis j’ai été préparateur physique dans un club de rugby professionnel. Ma passion du haut niveau m’a amené à monter mon entreprise. Je suis associé avec Marie Aufranc, diplômée de l’ESSEC Paris, qui était membre de l’équipe de France de ski alpin. Nous avons aujourd’hui pour objectif d’amener les valeurs et outils du sport de haut niveau au service des entreprises. Nous avons créé notre entreprise en novembre 2012. L’été 2013 a marqué la vraie mise en route.

SWiTCH : Comment vos proches ont-ils réagi à l’annonce du projet ?

Christophe Hermitan : Nous avons un entourage dynamique, donc nous avons été rapidement soutenus. Nous avons des profils d’entrepreneurs. En effet, en tant qu’athlètes de haut niveau nous avons la responsabilité de gérer notre propre carrière comme on le ferait pour une société. C’est donc un beau challenge de pouvoir monter notre entreprise !

SWiTCH : Quelle est votre clientèle actuelle et que leur proposez-vous ?

Christophe Hermitan : Ce sont les petites et moyennes entreprises, ainsi que les grands comptes en région Rhône-Alpes, à Genève, et également à Paris. Au sein d’une même entreprise, nous avons plusieurs types de clients : les dirigeants, les DRH, les managers, mais aussi les salariés. Nous considérons les salariés et les dirigeants comme des athlètes. Ainsi, nous leur apportons tous les conseils afin qu’ils soient les plus performants possible dans leur travail : gestion du sommeil, activité physique, alimentation, équilibre mental…

Nous désirons aussi développer le sport en entreprise. Nous proposons des séances de sport en entreprise pour pouvoir améliorer la qualité du travail. Notre offre s’étale du service d’activités physiques à l’accompagnement pour l’aménagement d’une structure sportive à l’intérieur de l’entreprise.

Enfin, nous organisons des séminaires d’entreprise, du team-building, des challenges sportifs.

SWiTCH : Comment mesurez-vous vos résultats ?

Christophe Hermitan : Nous avons des outils d’évaluation. Nous pouvons déterminer le niveau physique et de stress d’une personne. Nous avons suffisamment de recul pour savoir si les gens sont en zone critique ou d’équilibre.

SWiTCH : En quoi le sport est-il important dans le management des entreprises ?

Christophe Hermitan : Le sport de haut niveau est une exigence, le symbole de la performance qui se retrouve au sein d’une entreprise au service des salariés et des managers. Aujourd’hui nous utilisons tous les outils et méthodes que l’on pouvait utiliser avec des athlètes de haut niveau, outils d’analyse, de suivi et techniques d’accompagnement pour la santé, le bien-être et la gestion du stress, que nous adaptons pour aller vers la performance de l’entreprise.

Le sport est un moyen de cohésion et de fidélisation. Nous essayons de faire en sorte que l’entreprise soit un lieu de travail agréable et que les gens vivent l’entreprise un peu différemment. Ce phénomène existe déjà beaucoup dans les pays anglo-saxons.

SWiTCH : Y a-t-il un réel besoin aujourd’hui ?

Christophe Hermitan : La vision par rapport à la santé du dirigeant et du salarié évolue beaucoup. Cette question est au cœur des débats actuels. Dans les pays anglo-saxons ces dynamiques sont déjà bien intégrées dans les entreprises. Avec tous les moyens de communication et le rythme imposé aux salariés, il est aujourd’hui indispensable de penser à la santé des ressources humaines de l’entreprise. Il y a un réel bénéfice pour l’entreprise ainsi que pour le bien-être des salariés à intégrer ces dynamiques.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Christophe Hermitan : Engagement, entraide et performance. Le nom Synpeak vient de « synergie » et de « peak » (= sommet). C’est la synergie pour atteindre des sommets en réunissant des forces pour faire évoluer la personne.

SWiTCH : Quels sont vos outils de communication actuels ?

Christophe Hermitan : Nos outils de communication sont principalement la presse et les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Facebook, Google Plus).

SWiTCH : Quelles ont été vos plus grosses difficultés depuis l’idée du projet d’entreprise ?

Christophe Hermitan : Nous sommes en phase de développement donc nous n’avons pas encore connu de réelles difficultés.

SWiTCH : Quelle a été votre plus grande satisfaction depuis la création de l’entreprise ?

Christophe Hermitan : Notre plus grande satisfaction est de se dire que nous sommes dans l’aire du temps et en cohérence avec le contexte et les questions d’actualités soulevées par les médias : Absentéisme, burn-out, etc…

SWiTCH : Comment voyez-vous Synpeak dans les cinq prochaines années ?

Christophe Hermitan : Dans 5 ans, nous désirons être la référence du sport d’entreprise et de la formation santé / bien-être à travers le sport dans la région Rhône-Alpes.

SWiTCH : Quels conseils donneriez-vous aux personnes désirant créer leur entreprise ?

Christophe Hermitan : Je conseille d’être patient. Monter une entreprise est équivalent à la préparation d’un événement sportif important. Il y a une longue phase de préparation avant d’arriver au but. Nous rencontrons plein d’aléas pendant cette phase de préparation. Il faut toujours savoir rebondir, être patient et s’entourer des bonnes personnes. Je conseille également d’être organisé dans la création de son entreprise.

SWiTCH : Quelle est la question qu’on ne vous a pas posée et que vous auriez aimé qu’on vous pose ?

Christophe Hermitan : Nous développons également une application qui permet d’avoir un accompagnement et un suivi à distance des dirigeants et des salariés après nos interventions : conseils sur la diététique, sur l’hygiène de vie, accès à une messagerie interne avec leur coach, etc…

Nous travaillons également actuellement avec le Centre des Jeunes Dirigeants sur la mise en place d’interventions, de formations et de séances de sport pour les dirigeants.

 

SWiTCH : Merci Christophe, et bonne continuation !

SWiTCH Initiatives – ITW de Jean-Christophe Guillaud-Bataille, Fondateur d’ESTHETE

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de l’outdoor ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous partons à la rencontre des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons récemment échangé avec Jean-Christophe Guillaud-Bataille, fondateur de l’entreprise ESTHETE, marque française de vêtements et accessoires intelligents pour le vélo en ville. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous nous présenter votre parcours, et pourquoi avez-vous créé votre entreprise ?
Jean-Christophe Guillaud-Bataille : J’ai 32 ans et suis originaire de la région Rhône Alpes. J’ai une formation double d’Ingénieur et de Designer produits. J’ai pratiqué les deux compétences dans deux postes différents. J’ai d’abord été ingénieur designer produit dans une agence de Grenoble dans le secteur des sports de montagne et également du vélo. J’ai eu une deuxième expérience plus technique dans une PME du côté de Lyon, où je vis aujourd’hui, en tant que responsable du bureau d’études.

Ce qui m’a amené à Cycles Esthète ! J’ai fait pas mal de vélo étant étudiant et encore même aujourd’hui. Depuis de nombreuses années, je suis fan de vélos urbains et fonctionnels, mais également du milieu du fixie, où les vélos sont très esthétiques. En travaillant en tant que designer dans ce milieu, j’ai eu beaucoup idées sur l’équipement du cycliste. J’ai constaté qu’il manquait quelque chose aujourd’hui pour les cyclistes urbains. Depuis un moment j’avais cette idée d’apporter une solution aux personnes qui vont travailler en ville et qui ont cette problématique d’avoir des vêtements étanches, respirant, esthétiques, élégants, mais également sécuritaires. Je voulais faire une alternative au gilet jaune que je trouve laid, en le remplaçant par un système électronique, avec un éclairage à LED.

La veste que nous avons baptisé « Eclaireur » est équipée de ce système. Nous pensons déjà à d’autres solutions pour l’avenir en utilisant notamment des matériaux phosphorescents.

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches à l’annonce du projet ?
JCGB :
J’ai reçu beaucoup d’encouragements. Les personnes qui me connaissent bien savent que j’ai un esprit d’entrepreneur. Avant d’avoir créé cette société, j’avais un statut d’auto-entrepreneur parallèlement à mes différents postes. J’ai toujours aimé avoir une activité et entreprendre. Cela a été très bien perçu par ma famille, par mes amis, j’ai eu le soutien de ma femme. C’est elle qui a décidé si oui ou non nous allions démarrer le projet ensemble. Elle m’a soutenu et elle m’a même aidé au début dans les démarches commerciales. Je n’ai reçu aucun avis négatif, l’accueil de mes proches a été très favorable !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez connu depuis la naissance du projet jusqu’à aujourd’hui ?
JCGB : La partie administrative : la création en elle-même, la rédaction des statuts, le dépôt des dossiers dans les différentes institutions comme la CCI, le tribunal de commerce, etc… Sur les 6 mois de vie l’entreprise, j’ai passé la moitié de mon temps à me battre contre la paperasse ! Pour moi, créer un produit, le développer et le commercialiser, est la partie la plus passionnante, la plus amusante et la plus facile du projet. Tout l’aspect administratif a été très pénible et laborieux, j’ai fait plusieurs fois les mêmes choses. On dirait que l’Etat n’a pas très envie d’encourager les gens à créer des sociétés tellement les démarches sont compliquées.

SWiTCH : Quelle a été la plus grande satisfaction depuis la création ?
JCGB : C’est le jour où j’ai vendu les premières vestes dans une boutique à Paris. C’est une boutique que j’ai presque harcelé pour obtenir un accord de leur part. Le positionnement est très nouveau, le concept est novateur et tout le monde apprécie le produit. Par contre il y en a encore qui sont réticents sur le niveau de prix (ndlr : 600euros TTC). J’ai beaucoup insisté dans les boutiques qui ont décidé de me référencer. Ça m’a fait plaisir de trouver des boutiques prêtes à partager les risques et prêtes à aider une entreprise jeune et innovante.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?
JCGB : C’est d’abord la culture de l’innovation. Nous apportons des produits innovants et technologiques. Pour l’instant il n’y en a qu’un produit connu, mais une gamme est en cours de développement et chaque produit fait l’objet de recherches avancées. Il y a une vraie volonté de rompre les codes entre esthétisme, technologie et usage.

La deuxième valeur fondamentale est l’éthique. Nous nous adressons au milieu du vélo, on parle d’un mode de déplacement doux. Il y a une vraie éthique environnementale et une vraie éthique humaine. Il y a également une éthique économique : je cherche à faire produire les produits le plus proches possible de nous. On relocalise tout ce qui est faisable dans la société.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication à l’heure actuelle ?
JCGB : J’ai un site Internet, j’ai mis en place une page sur Facebook avec le plus de fans possible, je pense que c’est aujourd’hui un outil de communication très puissant, ainsi que Twitter, Pinterest, Linkedin,…

J’utilise également des moyens de communication un peu plus classiques comme la presse et le mailing. Je fais aussi de l’évènementiel, puisque j’ai récemment participé au Salon du Cycle à Paris. Cet évènement m’a apporté beaucoup de retour sur les produits auprès des distributeurs, de la presse et des utilisateurs finaux. Cela a aussi été un vecteur de notoriété. Le grand public a pu découvrir les produits sur le stand.

SWiTCH : Au niveau de vos moyens de distribution, avez-vous décidé de vendre exclusivement en boutique ou avez-vous également prévu de vendre en ligne via votre site internet ?
JCGB : Je distribue dans les boutiques physiques dans les grandes villes de France. Nous serons bientôt présents dans les pays étrangers. Nous privilégions des boutiques haut de gamme qui proposent de très jolis produits. Nous avons aussi notre propre boutique sur notre site web.

SWiTCH : Cela ne choque pas les retaillers de vous voir vendre sur votre site Internet ?
JCGB : Ça les fait un peu grincer des dents, mais aujourd’hui c’est incontournable. Le e-commerce est en train de prendre beaucoup d’importance, il est donc logique que je m’installe dessus. Ce sont les nouvelles règles du jeu, il faut que les boutiques sachent jouer avec. Il y a  certaines boutiques qui m’ont dit clairement qu’elles ne prendraient pas mes produits à cause de cela. C’est un choix, mais je préfère me concentrer sur le e-commerce et avoir des boutiques physiques très qualitatives. Aujourd’hui, on peut être sur le web, tout en restant éthique et correct vis-à-vis de la distribution traditionnelle. Je ne vais pas casser les prix, je reste dans les mêmes conditions que ce qui se passe en boutique physique, donc à priori les magasins ont plus de chances d’avoir des clients. Il y a toujours l’avantage de pouvoir toucher le produit et l’essayer. Je pense clairement que la tendance va s’inverser dans quelques années, il va y avoir de plus en plus de e-commerce, c’est évident au vu des facilités que cela représente.

SWiTCH : Quelle est votre vision à cinq ans pour votre entreprise ?
JCGB : C’est tout d’abord de bien faire le tour de tous les vêtements techniques pour le cyclisme urbain. Je pense aussi, dans quelques années, m’intéresser à toute la mobilité urbaine en général avec des moyens de déplacement comme le scooter, la moto et tout ce qui est alternatif, comme les trottinettes. Ma vision est d’avoir une vraie gamme de vêtements et d’accessoires qui s’adressent à une clientèle d’aventuriers urbains. Je vais m’intéresser à tous les déplacements urbains alternatifs.

SWiTCH : Est-ce que vous auriez un conseil pour une personne qui voudrait créer son entreprise, mais qui n’ose pas encore ? Par où commencer ?
JCGB : Tout d’abord sachez qu’il existe des aides. Un bon point de départ c’est d’aller voir la CCI de votre département. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous, ils vont vous proposer un accompagnement personnalisé pour créer votre société. Ils vont vous aider à constituer votre business plan et réaliser vos prévisions financières, présenter les types de produits, les moyens de distribution, etc… La CCI propose des modules de formation très intéressants.

Je me suis également intéressé au réseau Entreprendre et au réseau Initiative France. Il y a des clubs et des associations qui aident les jeunes entrepreneurs. Il ne faut pas hésiter à aller les voir. Ils ont plein de bonnes idées ! Cela permet d’aller beaucoup plus vite pour prendre des décisions et faire des choix. Je conseille aux jeunes entrepreneurs de ne jamais baisser les bras, même si cela peut paraitre compliqué et si parfois on a l’impression d’être un peu noyé, il ne faut pas se décourager et il faut en parler autour de soi, c’est une bonne expérience.

SWiTCH : Merci beaucoup Jean Christophe et bonne continuation !

Photos : G. Piel.

[La bonne nouvelle du mercredi] La marque de skis Grown remporte la SWiTCH Initiative 2013 !

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous réalisons une fois par an une mission pro bono pour une marque, une association caritative ou une start-up (de moins de 3 ans). Grown, la marque allemande de ski la plus écologique au monde, a gagné le concours 2013 et a décidé de nous confier sa stratégie.

Tout l’été, nous allons donc réaliser un plan de développement de l’entreprise sur trois ans, une étude de marché complète et la création d’un plan marketing global incluant une plateforme de marque, un plan de commercialisation et de distribution des produits, ainsi qu’un plan de communication.

Les réunions de travail ont commencé depuis quelques semaines dans la bonne humeur générale, aux côtés de Tobias Luthe, le créateur et co-fondateur de la marque.

 

SWiTCH Initiatives – ITW de Laurent Surbeck, PDG de Montagne TV

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de la glisse et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous mettons en lumière des gens passionnés, qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Avec près de deux millions de téléspectateurs, Montagne TV est la nouvelle « chaîne qui monte, qui monte » ! Nous rencontrons aujourd’hui son PDG, Laurent Surbeck.

SWiTCH : Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

Laurent Surbeck : Je suis né et j’ai grandi en région parisienne mais depuis tout petit j’ai développé une passion sans borne pour la montagne et son univers. Entre le ski en hiver et les vacances d’été, j’ai appris à découvrir cette culture, cette histoire.

Parallèlement, j’ai suivi un cursus supérieur dans une école de commerce et me suis rapproché assez naturellement des média. J’ai eu la chance de travailler dans de grosses structures comme le groupe Lagardère, NRJ et TV8 Mont-Blanc. Ce fut une aventure humaine extraordinaire. En 2008 j’ai souhaité me lancer en solo et j’ai crée ma propre société de production OXO-Media. C’est à ce moment que l’aventure Montagne TV a débuté…

SWiTCH : Comment l’idée de cette chaîne 100% dédiée à la montagne est-elle née ?
Laurent Surbeck : Depuis quelques années cette idée trottait dans la tête de Jean-Philippe Caille. A l’époque des premiers essais de TV sur le web, il avait déjà déposé le nom de domaine Montagne TV. Et puis en 2010, étant tous deux de vrais passionnés de montagne, nous avons décidé de nous lancer dans cette aventure et de redonner vie au projet.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction en tant que chef d’entreprise ?
Laurent Surbeck : Je pense que c’est le fonctionnement de la chaîne. Elle est exactement comme nous l’avions imaginé, c’est-à-dire une chaine de qualité avec de vrais experts dans leur domaine. Et puis, notre aventure ne s’achève pas ici, l’objectif étant de développer la marque Montagne TV.

SWiTCH : Quelles ont été les principales difficultés depuis le début de l’aventure ?
Laurent Surbeck : Sans hésiter, la plus grosse difficulté est de maîtriser le développement, de savoir dire non à certaines opportunités qui se présentent, de prendre le temps de se développer. Faire des choix, prendre des risques, ce sont des tâches indissociables de la fonction d’entrepreneur. Par ailleurs, comme toutes les chaines de télévision, nous devrons prévoir l’avenir de la diffusion, de la consommation de la télévision.

SWiTCH : Comment vois-tu Montagne TV dans 5 ans ?
Laurent Surbeck : La chaîne sera de plus en plus internationale, à la fois en termes de diffusion mais également en termes de réseaux de correspondants.

Elle sera aussi de plus en plus innovante. De nombreux projets d’envergure sont à l’étude concernant la science-fiction, la 3D, la création de programmes courts toujours plus innovants.

D’une manière générale, je souhaite que nous soyons présent sur l’ensemble de l’univers de la montagne (relais d’informations touristiques, relais de vente de produits de montagne, etc.). Décliner au maximum la marque Montagne TV est l’un de nos objectifs.

SWiTCH : Un conseil pour des jeunes entrepreneurs qui souhaiteraient créer leur société ?
Laurent Surbeck : Selon moi, la bonne formule consiste à suivre son idée créatrice et à s’entourer en amont d’un cabinet d’expertise qui pourra analyser et créer un prévisionnel. Toutefois, on ne peut jamais prévoir de quoi demain sera fait. Il faut avoir foi dans l’innovation et défendre son projet jusqu’au bout. Mes derniers conseils seraient de ne jamais croire que l’on peut tout faire tout seul et de rester humble en écoutant et en apprenant sans cesse des gens qui nous entourent.

SWiTCH : Y a t-il une question que l’on ne t’a pas posée et que tu aurais aimé que l’on te pose ?
Laurent Surbeck : Concernant mon projet personnel peut-être. Aujourd’hui mon objectif est de continuer à construire cette chaine avec un peu moins de moi. Même si le challenge me passionne toujours autant, il ne faut pas personnifier une société. Selon moi, chaque entreprise devrait pouvoir exister sans son fondateur. C’est la suite logique !

Et puis, j’aurais davantage de temps libre pour mes projets personnels : repartir en montagne, écrire un livre,…

SWiTCH : Merci Laurent et longue vie à Montagne TV !

 

 

SWiTCH Initiatives – ITW de Romain Jamet de Lastage

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leurs pratiques sportives. Aujourd’hui SWiTCH a rencontré Romain Jamet, co-fondateur de la marque Lastage.

SWiTCH : Bonjour Romain, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Romain Jamet : Bonjour, j’ai fait un master en ingénierie et management des sports de glisse à l’université Bordeaux II. En 2007, j’ai fait le choix de passer ma dernière année dans un incubateur d’entreprise afin de réfléchir au Business Plan de Lastage. Avec deux amis, un financier issu d’Audencia Nantes et un graphiste de l’école Brassart nous avons élaboré un système de distribution inédit : le VIP Dealer. N’importe qui peut devenir VIP Dealer et vendre les produits Lastage, soit physiquement, soit par Internet. Les « agents » sont ensuite rémunérés grâce à une commission en fonction de leurs ventes via un compte Paypal.

Nous avons créé Earth Distribution en 2008, posé nos statuts et finalement commercialisé la marque en Novembre 2008. La première année devait être un test afin de voir comment réagissait le marché. Vu les résultats douze mois plus tard, on ne s’est plus posé ce genre de question !

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de Lastage.

R.J : On souhaitait amener quelque chose de nouveau sur le marché, proposer des produits qui ne se foutent pas de la gueule du monde, notamment en termes de respect de l’environnement. Sans être 100% écologistes ou membre d’une quelconque association, nous avions, et avons toujours, de fortes convictions quant à la préservation de l’environnement. On souhaitait créer une marque à notre image et voir si d’autres personnes pensaient comme nous !

SWiTCH : D’où vient le nom Lastage ?

R.J : C’est la contraction de « Last » et « Age » ce qui signifie le dernier moment avant de rentrer dans le chaos climatique. Notre logo est composé de trois gouttes de couleurs différentes, chacune symbolisant un des éléments sur lequel on peut rider. La goutte bleu représente l’océan (surf, bodyboard, etc.), la goutte magenta le noyau terrestre (ski, skate, etc.) et la goutte jaune le soleil (chute libre, base jump, etc.). Si l’on superpose ces trois couleurs primaires, on obtient du noir, symbole du chaos.

Nous avons aussi deux claims : « Back to reality » et « Conventions are dead, think true », qui reflètent autant nos produits que notre façon de penser.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Lastage ?

R.J : On a de fortes valeurs environnementales. Cela dit, nous ne souhaitons pas être moralisateurs, nous ne critiquons personne. Quand tu crées une entreprise, quoique tu fasses tu impactes la nature. Nous essayons d’être exemplaires, de faire les choses proprement. Nous étudions l’Analyse de Cycle de Vie de nos produits et nous avons effectué un bilan carbone de notre activité avec Mountain Riders.

En ce qui concerne les produits, nous travaillons avec du coton bio  pour les tee-shirts et les sweats. Ces produits sont fabriqués en Turquie et malheureusement acheminés en France par camion pour le moment. Nous essayons de mettre en place un système de transport par bateau mais cela induit un délai de livraison trop long. Nos boardshorts sont fabriqués à partir de PET recyclé.

Nous recyclons 100% de notre gamme et invitons tous nos clients à déposer leurs produits éco-conçus en magasin quand ils ne les portent plus. Pour un produit ramené, nous offrons 10% de remise sur le prochain achat.

SWiTCH : C’est le même processus que Patagonia ?

R.J : Exactement, d’ailleurs notre idée c’est d’être le Patagonia des 15-30 ans, mais en nettement plus « Rock’n Roll » !

Pour en revenir au recyclage, on a remarqué qu’il y avait de gros progrès à faire en France. C’est une pratique à laquelle les Français ne sont pas habitués.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Lastage jusqu’à aujourd’hui ?

R.J : En fait c’est une difficulté à laquelle on commence juste à être confrontée ! Notre système de VIP Dealer, qu’on pensait sans faille, commence à nous poser problème. Ils sont de plus en plus nombreux (250 sur internet et 30 auto-entrepreneurs), ils voyagent beaucoup car ils sont passionnés de sports de glisse, la plupart d’entre eux font les saisons… C’est difficile de trouver du temps pour les former, pour fixer des objectifs cohérents ou pour anticiper le chiffre d’affaire global. On est en train de réfléchir à plusieurs solutions, on installe un concept store à Biarritz l’année prochaine et si cela fonctionne pourquoi pas un réseau de magasins franchisés Lastage !

SWiTCH : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite monter son entreprise ?

R.J : Le plus important est de ne jamais baisser les bras. Quand on a créé Lastage, on ne pensait pas qu’il y aurait autant de galères, mais on a réussi à s’en sortir et à garder la tête hors de l’eau. Si on ne voit pas de sortie, il faut en créer une !

Je pense qu’il faut aussi contrôler de très près les aspects financiers et savoir jouer avec son endettement.

SWiTCH : Est-ce que vous avez procédé à des augmentations de capital ?

R.J : Oui, initialement de 10 000 euros, nous avons fait entrer d’autres investisseurs, pour le monter à 70 000 euros. Le but de cette augmentation est d’apporter du crédit à la société face à nos fournisseurs mais aussi de la valoriser intelligemment pour la faire grandir de la meilleure des façons.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

R.J : Durant les évènements qu’on organise, comme le Zarbi Tour, on se rend compte du monde qui est derrière nous, qui nous pousse et nous soutient. C’est quelque chose qu’on n’imagine pas trop lorsqu’on est au bureau mais dès qu’on est en contact avec nos clients, nos VIP dealers, on se rend compte que tous ces gens-là partagent les mêmes valeurs. Parfois on a l’impression qu’on est en train de lever une armée ! C’est vraiment grisant !

Lastage ce n’est pas une marque, c’est une culture. On souhaite se développer mais pas à n’importe quel prix. On fait les choses à notre rythme. Si on se développe trop vite on se prostitue !

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

R.J : Essentiellement le marketing viral. Quand on a lancé Lastage, on avait un budget marketing de 1000€, on a fait des stickers et c’était fini. Il a donc fallu trouver des solutions gratuites et efficaces. On est très présent sur les réseaux sociaux, les plateformes vidéo, etc. On fait aussi de l’évènementiel et du sponsoring.

Notre réseau de VIP Dealers représente aussi un bel outil marketing, il nous a amené des parutions presse et nous permet de créer un important réseau de contact.

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans as-tu de Lastage ?

R.J : On souhaite grandir, mais ce qui est primordial pour nous c’est de garder nos valeurs. On ne veut pas augmenter notre CA à n’importe quel prix. L’objectif c’est de mettre en place un réseau structuré de VIP dealers, de magasins franchisés et de se développer à l’international.

SWiTCH : Est-ce qu’il y a un sujet que nous n’avons pas abordé mais dont tu aurais voulu parlé ?

R.J : On souhaite se lancer dans l’évènementiel éco-responsable. On va faire quelque chose de nouveau, créer la surprise,… et c’est pour bientôt !

Je souhaitais également remercier tous les gens qui nous soutiennent et notre réseau de VIP dealer car ce sont eux qui font ce que nous sommes.

SWiTCH : Merci Romain et bonne continuation pour la suite !

R.J: Merci à toi et longue vie à SWiTCH !

Crédits Photos : Lastage (Aktaes et Greg Moyano)

Une dose de stress ou une part de dessert ? L’anatomie d’une agence créative.

Mea culpa.

Pour aujourd’hui, on aurait voulu publier une belle SWiTCH Initiative. Sauf que c’est le coup de feu en ce moment à l’Agence et que tout le monde est à bloc. On a donc pris un peu beaucoup de retard dans la rédaction de nos articles pour le blog… Pour ceux qui se demanderaient comment se passe la vie d’une agence, vous trouverez dans l’infographie suivante quelques réponses plus ou moins pertinentes, tout dépend de quel point de vue on se place ! 😉

On vous donne rendez-vous jeudi prochain avec une superbe initiative franco-argentine ! 😉

Crédit infographie : Big Orange Slide

SWiTCH Initiatives – ITW de Thomas Rouault de Snowleader

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leurs pratiques sportives. SWiTCH a rencontré Thomas Rouault (29 ans aujourd’hui !), co-fondateur du site de vente en ligne Snowleader, « The Reblochon Compagny ».

SWiTCH : Bonjour Thomas, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Thomas Rouault : Bonjour, j’ai fait mes études supérieures à Nice Sophia Antipolis (aujourd’hui Skema Business School) complétées par une césure et un apprentissage chez Nike pendant deux ans. A la fin de mes études je ne savais pas exactement ce que je voulais faire, j’ai enchainé plusieurs emplois qui ne m’ont pas vraiment intéressé. J’étais et je suis toujours passionné par Internet et les sports outdoor, je me suis dit pourquoi ne pas me lancer dans le e-commerce ? On a donc crée Snowleader à 4 il y a 3 ans. Aujourd’hui Snowleader, c’est dix salariés, 2,3 millions d’euros de chiffre d’affaire sur le dernier exercice, 6000 produits en ligne.

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de Snowleader?

T.R : Snowleader est né d’une idée : créer un magasin similaire aux plus beaux magasins de station, proposant les plus beaux produits… mais sur Internet ! Notre volonté initiale était de proposer tous les produits liés aux pratiques sportives de la région Annécienne. Le souci c’est qu’aucune marque ne nous faisait confiance, il a donc fallu que l’on s’associe avec un magasin de sport du Grand Bornand pour pouvoir ouvrir des comptes clients et recevoir de la marchandise. En 6 mois on faisait le même chiffre d’affaire que ce magasin…

SWiTCH : D’où vient le nom Snowleader ?

T.R : On cherchait un nom qui ne fasse pas « cheap ». On s’est inspiré des magasins de stations, on a cherché un nom qui soit fort et disponible en .com ! On est donc parti sur Snowleader, mais on trouvait que cela faisait trop sérieux. Comme nos premiers locaux étaient basés au Grand-Bornand, on a décidé de lier une activité pastorale – la fabrique du reblochon – au e-commerce. Le but c’était de faire profiter les agriculteurs du développement du e-commerce, c’est pourquoi Snowleader « the reblochon company » offre un reblochon fermier pour toutes commandes supérieures à 150€.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Snowleader ?

T.R : Nous ne faisons jamais de prix cassés, contrairement à la tendance du e-commerce (85% du business sur Internet ce fait avec des prix barrés). Nous défendons les beaux produits, les produits introuvables ailleurs. Nous proposons un service client irréprochable au niveau du conseil, de la disponibilité produit ou encore de l’expédition. Et bien sur le reblochon !

SWiTCH : Comment gérez-vous le conseil client, qu’est-ce qui vous différencie d’un shop classique ?

T.R : Quand tu es en magasin, tu n’as pas forcément le bon produit en stock pour ton client, du coup tu ne veux pas perdre une vente et tu diriges ton client vers un produit qui sera peut-être moins adapté. Nous on s’engage sur une disponibilité et on a toujours le bon produit au bon moment pour le bon client. Nous avons deux personnes à plein temps pour le conseil client, nous sommes disponibles par téléphone, mail, skype, etc. Nous essayons d’être irréprochables sur cet aspect, c’est notre point fort et l’un de nos éléments différenciant.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Snowleader jusqu’à aujourd’hui ?

T.R : Je dirais que le plus dur aura été de faire la part des choses entre tous les conseils qu’on nous donnait et ce que nous voulions vraiment faire. Quand on a lancé Snowleader, l’activité e-commerce en était à ses débuts, surtout dans notre domaine ! Il n’y avait pas ou peu d’écrits sur ce type d’activité mais beaucoup de personnes se sentaient investies d’un grand savoir et nous abreuvaient de conseils. Je pense qu’il faut être capable de faire la part des choses, faire confiance à son instinct et ne pas se laisser influencer. Il faut mettre en œuvre ses propres idées.

SWiTCH : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le e-commerce ?

T.R : Je pense qu’il faut d’abord penser à son référencement sur Google avant même de déterminer son activité. Si je l’avais fait j’aurais certainement vendu d’autres types de produits ! Il faut aussi prendre en compte, voir surestimer, le coût financier du référencement.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

T.R : Avec 10 000 euros lors du lancement de Snowleader on est arrivé à monter une entreprise qui après trois ans fait 2,3 millions d’euros de chiffre d’affaires.

SWiTCH : Est-ce que vous avez procédé à des augmentations de capital ?

T.R : Non ! C’est d’ailleurs un problème, ton business marche mais comme tu ne l’abreuves pas financièrement les banques ont plus de mal à te faire confiance. Un spécialiste du e-commerce dirait : avec 10 000 euros vous faites 2,3 millions, si je te donne 30 000 euros vous multipliez le CA par trois ! Malheureusement, les banques n’ont pas la même approche. En France, il y a des aides qui existent pour les créations d’entreprises (exonération de charges, etc.), mais il n’existe rien pour des entreprises dans notre situation.

SWiTCH : Comment gérez-vous les stocks face à un tel accroissement d’activité ?

T.R : On a essayé d’anticiper la croissance. On essaie d’avoir le minimum de surstocks possible. Paradoxalement, notre stratégie de ne jamais faire de prix barrés nous permet d’écouler plus facilement nos surstocks en période de soldes.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

T.R : On communique essentiellement sur le web via des affiliations, AdWords, des bannières, des comparateurs de prix. On fait également des parutions dans la presse papier, à la radio et… peut-être bientôt à la TV !

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans as-tu de Snowleader ?

T.R : Nous souhaitons devenir une alternative au Vieux-Campeur, élargir notre domaine de compétence. Aujourd’hui ce qui nous freine c’est la compétence technique pour le conseil client. On peut conseiller quelqu’un pour un trekking au Népal ou un trip ski dans les Lofoten, mais nous ne sommes pas encore compétents sur des activités comme le kite-surf, le surf ou le VTT par exemple.

SWiTCH : Est-ce qu’il y a un sujet que nous n’avons pas abordé mais dont tu aurais voulu parlé ?

T.R : Le e-commerce dans le secteur outdoor est un business à part entière, c’est exactement comme un commerce, il y a énormément de charges. Il faut arrêter de croire que c’est simple et qu’il n’y a pas de charge !

 SWiTCH : Merci Thomas, bonne continuation pour la suite et bon anniversaire !

SWiTCH Initiatives – ITW de Virginie Rosa de Sorky

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leur pratique sportive. Aujourd’hui SWiTCH a rencontré Virginie Rosa, responsable du bureau d’étude Sport Contrôle et de la marque qui fait de plus en plus parler d’elle sur les beachbreaks du sud-ouest : Sorky.

SWiTCH : Bonjour Virginie Rosa, pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre entreprise ?

Virginie Rosa : Bonjour, je dirige le bureau d’étude Sport Contrôle basé à Bidart sur le campus de l’ESTIA (Ecole Supérieure des Technologies Industrielles Avancées). J’ai un Doctorat en Sport et Santé. J’ai travaillé chez Décathlon comme ingénieur R&D puis à mon propre compte dans une société de conseil en création d’entreprise innovante. J’ai ensuite rejoint Sport Contrôle en tant que responsable du bureau d’étude.

SWiTCH : Racontez-nous l’histoire de la marque.

V.R : Sorky a été créée en 2008 à l’initiative de 4 médecins passionnés de surf. Face à de nombreux patients atteints d’exostose (rétrécissement du conduit auditif externe de l’oreille principalement dû à une pratique du surf en eau froide) les médecins ont eu la réflexion suivante : pourquoi ne pas mettre en place une action préventive afin de prévenir cette pathologie ? Bien souvent les surfeurs atteint d’exostose ne s’en rendent compte qu’une fois qu’elle s’est développée. L’intégration d’un étudiant en école d’ingénieur et surfeur a permis de concrétiser ce projet.

SWiTCH : Pourquoi ne pas utiliser de bouchons d’oreilles standards ou des bouchons d’oreilles de natation ?

V.R : Tout d’abord nous avons essayé de comprendre pourquoi ils n’étaient pas portés. Trois raisons principales sont ressorties:

  • Le son ne passe pas bien : caisse de résonnance.
  • Sensation de pression dans l’oreille.
  • Sensation de chaleur dans l’oreille, l’oreille ne « respire » pas.

C’est pourquoi il fallait une innovation, nous voulions créer un tympan artificiel. La marque Sorky est d’ailleurs un dérivé du mot basque Sorkunza qui signifie innovation.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Sorky ?

V.R : Nous sommes très axés sur la prévention des risques liés à la pratique sportive. Nous essayons d’être le plus possible à l’écoute des pratiquants. Les valeurs de Sorky sont donc de prévenir pour garder du plaisir.

SWiTCH : Les bouchons d’oreille Sorky peuvent-ils être recyclés ?

V.R : Nous sommes en train d’y travailler avec notre fournisseur. Techniquement, le bouchon peut être recyclé, ce qu’il nous manque c’est un marché intéressé par la matière afin que l’industriel puisse investir… Au niveau environnemental nous essayons de limiter au maximum les transports, c’est pourquoi nous travaillons prioritairement avec des entreprises locales.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Sorky jusqu’à aujourd’hui ?

V.R : La commercialisation ! Le produit est efficace, il plait, mais nous avons eu beaucoup de mal à le commercialiser. C’est extrêmement frustrant, surtout après plusieurs années de travail. Nous n’avions pas de profil commercial dans notre équipe, nous sommes tous très axés sur les aspects médicaux et techniques du produit.

SWiTCH : Comment avez-vous résolu le problème ?

V.R : Nous travaillons avec des distributeurs reconnus sur le marché du surf.

SWiTCH : Quel serait le conseil que vous donneriez à une personne qui voudrait créer une entreprise avec un produit innovant?

V.R : Avec le recul on se rend compte que nous aurions d’abord dû vendre en direct sur de très petits volumes afin de construire et de maitriser notre marché. Ensuite il aurait été nécessaire de faire une sorte de benchmark des différents canaux de distribution afin de définir ceux qui convenaient à Sorky. Ceci aurait permis de mieux comprendre le discours des distributeurs et de négocier sur des bases objectives. Donc mon conseil serait de ne pas négliger cette face commerciale en termes de temps et d’argent dans le financement de l’entreprise. Tout ne doit pas être consacré à la R&D.

SWiTCH : Quels canaux de distribution utilisez-vous aujourd’hui ?

V.R : Nous proposons de la vente en ligne sur notre site internet. Mais les ventes sont surtout réalisées par le réseau de surf shop au travers de notre distributeur FCS – Surf Hardware. Sur ce circuit, le produit est commercialisé dans quasiment toute l’Europe de l’Ouest ; un démarrage commercial a également lieu en Australie. Sorky est aussi vendu en pharmacie, parapharmacie et chez des audioprothésistes. D’autres magasins de nature, de triathlon et d’outdoor sont également intéressés, mais nous commençons tout juste.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

V.R : Pour l’instant nous sommes sur un marché de niche, la protection auditive du surfeur. Nous communiquons presque uniquement autour de cette pratique. Nous sommes présents sur des contests de surf comme le Roxy Jam à Biarritz, nous avons participé au concours de l’Eurosima en 2010 où nous avons gagné l’Award de la meilleure innovation technologique. Nous avons un team, composé d’Antoine Delpero (champion du monde de longboard ISA en 2009), Pierre Louis Costes (8 fois champion de France et 2 fois champion d’Europe) et Pauline Ado (Championne du monde junior en 2008).

Nous essayons aussi de nous créer une image sur les réseaux sociaux mais ce n’est vraiment pas évident de savoir comment communiquer.

Nous sommes aussi en train de finaliser une étude médicale qui vise à prouver scientifiquement l’efficacité des produits Sorky. Jusqu’ici aucune structure de conception de bouchons n’a, à ma connaissance, réalisé une telle étude.

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans avez-vous de la marque Sorky ?

V.R : Nous souhaitons être reconnus comme la référence dans l’équipement de protection lié à la pratique du surf. Sorky est aujourd’hui une marque du bureau d’étude Sport Contrôle nous souhaitons qu’elle devienne une entreprise à part entière.

SWiTCH : Merci Virginie et bonne continuation pour la suite !

V.R : Merci à vous et bon Sorky !

Go big or go even BIGGER !

C’est la rentrée ! Bon, ok, là on ne vous a rien appris de nouveau. Et peut-être même que certains d’entre vous aimeraient bien qu’on leur parle d’autre chose… 😉

L’heure de dévoiler les nouveautés de cette année 2011-2012 pour votre cabinet conseil préféré est donc arrivée. Parce que pendant que vous aviez les doigts de pieds en éventail à la plage, nous on a bossé dur tout l’été… Et on peut vous dire que malgré un contexte politico-économique peu alléchant, nous affichons un optimisme sans faille ! La tendance pour SWiTCH dans les mois à venir est claire : Go big or go home even BIGGER !

Et comme vous avez plus le voir hier, ça a déjà commencé puisque notre équipe s’est agrandie.

SWiTCH Worldwide
Nous avons toujours annoncé nos ambitions à l’international. Après un tour du monde des domaines skiables de 2005 à 2008, quelques missions qui nous ont mené à Saas Fee et Verbier en Suisse, en Andorre, ainsi qu’à Courmayeur en Italie en 2009, des projets ont vu le jour ici et . Dans les prochains mois, nos collaborations à l’étranger vont se multiplier, nous menant de la Scandinavie à l’Amérique du Sud.

SWiTCH Initiatives
Vous le savez, nous sommes toujours en quête de belles initiatives que nous avons plaisir à vous présenter dans ce blog. Nous avons donc décidé d’aller à la rencontre de ces entrepreneurs qui s’activent pour faire bouger les choses, repousser les limites, créer la nouveauté et nous surprendre. Nous allons leur demander comment ils ont fait pour monter leur boîte et développer leur marque, quelles difficultés ils ont rencontré, quels conseils ils donneraient aux « rookies » qui aimeraient se lancer à leur tour. Nous vous livrerons des interviews « 0% bullshit » avec plein d’astuces, de bon sens et une bonne dose d’espoir. Vous pourrez découvrir une nouvelle personnalité tous les 15 jours (à peu près) dans les « Jeudis de l’entreprenariat ».

Si vous travaillez sur un projet/évènement/produit original ou que vous venez de créer/reprendre une entreprise en lien avec le tourisme, les sports et loisirs de pleine nature, contactez-nous pour qu’on en parle ! Cette nouvelle rubrique du blog est aussi là pour ça.

SWiTCH Blog : le programme 2011-2012
Suite au succès de nos séries récurrentes l’année dernière, vous retrouverez pour la 2ème année consécutive les Leçons de vie le 1er jour du mois, le Casual Friday histoire de détendre l’atmosphère avant de partir en week-end et les Citations de la semaine (le samedi). Enfin, tous les autres jours de la semaine, nous vous présenterons une tranche du fruit de notre travail de veille (1 à 5 heures par jour) sur les dernières tendances en matière de comportements des consommateurs, de communication 2.0 (voire 3.0…), de pratiques marketing originales et de bonnes actions pour préserver notre environnement.

Nous vous souhaitons dores et déjà une bonne lecture et une excellente rentrée 2011 !