Articles

SWiTCH Initiatives – ITW de Jean-Christophe Guillaud-Bataille, Fondateur d’ESTHETE

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de l’outdoor ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous partons à la rencontre des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons récemment échangé avec Jean-Christophe Guillaud-Bataille, fondateur de l’entreprise ESTHETE, marque française de vêtements et accessoires intelligents pour le vélo en ville. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous nous présenter votre parcours, et pourquoi avez-vous créé votre entreprise ?
Jean-Christophe Guillaud-Bataille : J’ai 32 ans et suis originaire de la région Rhône Alpes. J’ai une formation double d’Ingénieur et de Designer produits. J’ai pratiqué les deux compétences dans deux postes différents. J’ai d’abord été ingénieur designer produit dans une agence de Grenoble dans le secteur des sports de montagne et également du vélo. J’ai eu une deuxième expérience plus technique dans une PME du côté de Lyon, où je vis aujourd’hui, en tant que responsable du bureau d’études.

Ce qui m’a amené à Cycles Esthète ! J’ai fait pas mal de vélo étant étudiant et encore même aujourd’hui. Depuis de nombreuses années, je suis fan de vélos urbains et fonctionnels, mais également du milieu du fixie, où les vélos sont très esthétiques. En travaillant en tant que designer dans ce milieu, j’ai eu beaucoup idées sur l’équipement du cycliste. J’ai constaté qu’il manquait quelque chose aujourd’hui pour les cyclistes urbains. Depuis un moment j’avais cette idée d’apporter une solution aux personnes qui vont travailler en ville et qui ont cette problématique d’avoir des vêtements étanches, respirant, esthétiques, élégants, mais également sécuritaires. Je voulais faire une alternative au gilet jaune que je trouve laid, en le remplaçant par un système électronique, avec un éclairage à LED.

La veste que nous avons baptisé « Eclaireur » est équipée de ce système. Nous pensons déjà à d’autres solutions pour l’avenir en utilisant notamment des matériaux phosphorescents.

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches à l’annonce du projet ?
JCGB :
J’ai reçu beaucoup d’encouragements. Les personnes qui me connaissent bien savent que j’ai un esprit d’entrepreneur. Avant d’avoir créé cette société, j’avais un statut d’auto-entrepreneur parallèlement à mes différents postes. J’ai toujours aimé avoir une activité et entreprendre. Cela a été très bien perçu par ma famille, par mes amis, j’ai eu le soutien de ma femme. C’est elle qui a décidé si oui ou non nous allions démarrer le projet ensemble. Elle m’a soutenu et elle m’a même aidé au début dans les démarches commerciales. Je n’ai reçu aucun avis négatif, l’accueil de mes proches a été très favorable !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez connu depuis la naissance du projet jusqu’à aujourd’hui ?
JCGB : La partie administrative : la création en elle-même, la rédaction des statuts, le dépôt des dossiers dans les différentes institutions comme la CCI, le tribunal de commerce, etc… Sur les 6 mois de vie l’entreprise, j’ai passé la moitié de mon temps à me battre contre la paperasse ! Pour moi, créer un produit, le développer et le commercialiser, est la partie la plus passionnante, la plus amusante et la plus facile du projet. Tout l’aspect administratif a été très pénible et laborieux, j’ai fait plusieurs fois les mêmes choses. On dirait que l’Etat n’a pas très envie d’encourager les gens à créer des sociétés tellement les démarches sont compliquées.

SWiTCH : Quelle a été la plus grande satisfaction depuis la création ?
JCGB : C’est le jour où j’ai vendu les premières vestes dans une boutique à Paris. C’est une boutique que j’ai presque harcelé pour obtenir un accord de leur part. Le positionnement est très nouveau, le concept est novateur et tout le monde apprécie le produit. Par contre il y en a encore qui sont réticents sur le niveau de prix (ndlr : 600euros TTC). J’ai beaucoup insisté dans les boutiques qui ont décidé de me référencer. Ça m’a fait plaisir de trouver des boutiques prêtes à partager les risques et prêtes à aider une entreprise jeune et innovante.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?
JCGB : C’est d’abord la culture de l’innovation. Nous apportons des produits innovants et technologiques. Pour l’instant il n’y en a qu’un produit connu, mais une gamme est en cours de développement et chaque produit fait l’objet de recherches avancées. Il y a une vraie volonté de rompre les codes entre esthétisme, technologie et usage.

La deuxième valeur fondamentale est l’éthique. Nous nous adressons au milieu du vélo, on parle d’un mode de déplacement doux. Il y a une vraie éthique environnementale et une vraie éthique humaine. Il y a également une éthique économique : je cherche à faire produire les produits le plus proches possible de nous. On relocalise tout ce qui est faisable dans la société.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication à l’heure actuelle ?
JCGB : J’ai un site Internet, j’ai mis en place une page sur Facebook avec le plus de fans possible, je pense que c’est aujourd’hui un outil de communication très puissant, ainsi que Twitter, Pinterest, Linkedin,…

J’utilise également des moyens de communication un peu plus classiques comme la presse et le mailing. Je fais aussi de l’évènementiel, puisque j’ai récemment participé au Salon du Cycle à Paris. Cet évènement m’a apporté beaucoup de retour sur les produits auprès des distributeurs, de la presse et des utilisateurs finaux. Cela a aussi été un vecteur de notoriété. Le grand public a pu découvrir les produits sur le stand.

SWiTCH : Au niveau de vos moyens de distribution, avez-vous décidé de vendre exclusivement en boutique ou avez-vous également prévu de vendre en ligne via votre site internet ?
JCGB : Je distribue dans les boutiques physiques dans les grandes villes de France. Nous serons bientôt présents dans les pays étrangers. Nous privilégions des boutiques haut de gamme qui proposent de très jolis produits. Nous avons aussi notre propre boutique sur notre site web.

SWiTCH : Cela ne choque pas les retaillers de vous voir vendre sur votre site Internet ?
JCGB : Ça les fait un peu grincer des dents, mais aujourd’hui c’est incontournable. Le e-commerce est en train de prendre beaucoup d’importance, il est donc logique que je m’installe dessus. Ce sont les nouvelles règles du jeu, il faut que les boutiques sachent jouer avec. Il y a  certaines boutiques qui m’ont dit clairement qu’elles ne prendraient pas mes produits à cause de cela. C’est un choix, mais je préfère me concentrer sur le e-commerce et avoir des boutiques physiques très qualitatives. Aujourd’hui, on peut être sur le web, tout en restant éthique et correct vis-à-vis de la distribution traditionnelle. Je ne vais pas casser les prix, je reste dans les mêmes conditions que ce qui se passe en boutique physique, donc à priori les magasins ont plus de chances d’avoir des clients. Il y a toujours l’avantage de pouvoir toucher le produit et l’essayer. Je pense clairement que la tendance va s’inverser dans quelques années, il va y avoir de plus en plus de e-commerce, c’est évident au vu des facilités que cela représente.

SWiTCH : Quelle est votre vision à cinq ans pour votre entreprise ?
JCGB : C’est tout d’abord de bien faire le tour de tous les vêtements techniques pour le cyclisme urbain. Je pense aussi, dans quelques années, m’intéresser à toute la mobilité urbaine en général avec des moyens de déplacement comme le scooter, la moto et tout ce qui est alternatif, comme les trottinettes. Ma vision est d’avoir une vraie gamme de vêtements et d’accessoires qui s’adressent à une clientèle d’aventuriers urbains. Je vais m’intéresser à tous les déplacements urbains alternatifs.

SWiTCH : Est-ce que vous auriez un conseil pour une personne qui voudrait créer son entreprise, mais qui n’ose pas encore ? Par où commencer ?
JCGB : Tout d’abord sachez qu’il existe des aides. Un bon point de départ c’est d’aller voir la CCI de votre département. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous, ils vont vous proposer un accompagnement personnalisé pour créer votre société. Ils vont vous aider à constituer votre business plan et réaliser vos prévisions financières, présenter les types de produits, les moyens de distribution, etc… La CCI propose des modules de formation très intéressants.

Je me suis également intéressé au réseau Entreprendre et au réseau Initiative France. Il y a des clubs et des associations qui aident les jeunes entrepreneurs. Il ne faut pas hésiter à aller les voir. Ils ont plein de bonnes idées ! Cela permet d’aller beaucoup plus vite pour prendre des décisions et faire des choix. Je conseille aux jeunes entrepreneurs de ne jamais baisser les bras, même si cela peut paraitre compliqué et si parfois on a l’impression d’être un peu noyé, il ne faut pas se décourager et il faut en parler autour de soi, c’est une bonne expérience.

SWiTCH : Merci beaucoup Jean Christophe et bonne continuation !

Photos : G. Piel.

Partir à vélo avec Flo !

Quand on croise Florence Jay pour la première fois, on ne reste pas insensible à son humour et sa bonhomie. Son rêve de petite fille était de voyager à vélo dans le monde entier. Elle a donc commencé à pédaler dès son plus jeune âge, puis a fait de la compétition aux côtés d’une certaine Jeannie Longo. Il y a deux ans, elle plaque ses Alpes natales et son confortable job de consultante RH pour découvrir « le grand Nord » Canadien. Sauf que, pas de chance, un mauvais kyste au sein stoppe net ses projets.

De façon étonnante, dépasser cet obstacle lui a permis non seulement de réaliser qu’elle avait eu de la chance, mais aussi et surtout de mesurer à quel point il était important d’aller au bout de ses rêves. Fin 2010, elle a repris l’organisation de son périple et a décidé de rouler pour l’Association « Le Cancer du Sein, parlons-en». Ce matin, chargée de ses sacoches, elle volera, puis roulera en direction de la Californie pendant plus d’un mois et demi.

Cette aventure est un défi sportif, mais avant tout un défi solidaire qui lui permettra de récolter des fonds précieux pour l’association, afin d’œuvrer pour la prévention de ce fléau. Les donateurs achètent symboliquement des kilomètres par l’intermédiaire du site. Et ces dons sont entièrement reversés à l’association au retour de ce beau voyage. Toute l’équipe de SWiTCH soutient cette initiative courageuse. Go Flo !


Son aventure en quelques chiffres :
  • 2500 km en vélo
  • 33 étapes
  • 48 jours  de voyage
  • 30 kg de sa vie dans ses sacoches
  • 6 h par jour en moyenne de vélo
  • 80 km en moyenne / jour
  • 4000 euros de budget
  • 4 mois de préparation
Pour suivre son aventure et la soutenir, c’est ici.

SEIL Bag : le sac à dos rigolo pour faire du vélo

Le “SEIL Bag“ est un chouette concept imaginé par Lee Myung Su, Park Geun Wan et Park Okhee pour Leemyungsu Designlab. Grâce à ce sac à dos programmable  qui permet d’afficher des icônes, logos et emoticones via une série de LED sur la façade dudit sac, les cyclistes peuvent désormais signaler leurs changements de direction. Le sac est aussi équipé d’un capteur de mouvement et affichera un gros “STOP’ en cas de freinage brusque de votre part. Pratique et esthétique : on adore !

Via

Et vous ? Vous y allez comment en station? (Série «Développement Durable» – 2/10)

Nous ne pouvions décemment pas créer une série « développement durable » sans aborder la question du transport, qui est à l’origine de 75% des émissions de gaz à effet de serre en montagne. Si malgré toutes vos convictions écologiques vous ne vous voyez pas monter en station à vélo, tout n’est pas perdu ! Des initiatives existent. Petit aperçu non exhaustif…

Preuve que les stations réagissent, des partenariats station/compagnie de cars existent permettant d’obtenir des tarifs réduits sur les forfaits si vous venez en transport en commun. Autre démarche dans les Alpes-Maritimes, le conseil général a instauré un tarif unique de 1 euro pour tous ses bus, quelle que soit la distance !

Malheureusement, seulement 25%  des stations sont facilement accessibles en transport en commun. C’est pourquoi des plateformes de covoiturage voient le jour sur le web, à l’image de coriding.com ou de envoituresimone.com. Là aussi, certaines stations telles l’Alpe d’Huez ou la Plagne proposent des forfaits réduits s’il y a plus de 3 personnes dans la voiture.

Même nos amis anglais s’y mettent, avec l’ouverture dernièrement du site snowcarbon ! L’outil facilite la recherche d’itinéraire et la réservation jusqu’à la station finale en coordonnant les horaires des différentes plateformes de bus et de train. Quant à la page « why go by train ? », elle expliquent tous les avantages du train par rapport à l’avion pour les derniers réticents !

Crédit photo: Armelle Solelhac / Riders Around The World