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Retour sur le Campus Européen de l’Innovation Touristique à Montpellier le 22 novembre 2018

Plusieurs centaines de participants se sont rendus hier sur le Campus Européen de l’Innovation Touristique au Parc des Expositions de Montpellier. « Un lieu inspirant, ouvert aux échanges et innovant », c’est l’esprit que Carole Delga (ancienne Ministre et Présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée) a voulu insuffler à cet événement, qui réunit des acteurs et professionnels du tourisme, des entreprises régionales comme internationales porteuses de solutions ou d’initiatives inédites. Résumé.

Innovation, innovation et… innovation !
Avec sa vitrine des innovations touristiques de plus de 1000 m2, ses speed meetings de l’innovation, ses « barcamps » de l’innovation, son networking de l’innovation et ses conférences thématiques sur l’innovation, impossible de se tromper sur le sujet du jour ! Nous avons donc vastement parlé de transformation, de changement, de nouveauté et de prospective et des conditions pour bien y arriver.

Mama Shelter ou l’uberisation de l’hôtellerie
La matinée a commencé très fort avec l’ouverture de ce Campus Européen de l’Innovation Touristique par Serge Trigano, Président de Mama Shelter. Le monsieur ne manque pas d’humour (noir ?) pour parler de son expérience, puisqu’après avoir grandi au sein du Club Med (fondé par son père), l’avoir développé à l’international jusqu’à en faire le 2ème plus gros acteur du tourisme au monde en tant que Président, il a été viré par son actionnaire principal de l’époque (le Groupe Agnelli). Mais cette éviction serait la meilleure chose qui lui soit arrivée, car cela lui a permis de créer avec ses deux fils les hôtels-restaurants Mama Shelter. Le business model est intéressant – et particulièrement innovant à l’époque de sa création – car il ne sont pas propriétaire des murs, mais louent simplement les lieux pour y exercer leur activité. Celle-ci se résume selon Serge Trigano à « un restaurant-bar avec des chambres au-dessus ». Le lieu de vie et d’animation se trouve au bar-restaurant, pas dans le lobby (parfois quasi-inexistant) et encore moins dans les chambres. Par conséquence, pas d’investissement lourd, pas de charge de maintenance (qui repose sur les propriétaires), pas d’immobilisation comptable, une agilité défiant toute concurrence et surtout des profits juteux. D’autres grands groupes ont suivi son exemple dans cette nouvelle approche du business. Ainsi le groupe Accor n’est plus, lui aussi, propriétaire des murs de ses hôtels.
La conclusion de Serge Trigano est que le succès de Mama Shelter repose sur l’innovation du business model, mais aussi de l’expérience proposée au client, sur la sécurité, l’accessibilité, la qualité de l’accueil offert et surtout sur des valeurs solides. Pour lui, « tous les jours, c’est le premier jour ! », l’innovation n’est pas une fin en soi, elle doit s’appuyer sur l’envie et la passion. CQFD.

Le futur des Offices de Tourisme ou les offices de tourisme du futur
Pour Carole Delga, « les territoires doivent être les premiers bénéficiaires de l’innovation touristique ». Elle devrait donc profiter en premier lieux aux Offices de Tourisme. Et pour cause, ils occupent une place centrale dans la politique touristique régionale. Ils sont les garants de la mise en œuvre et du suivi du projet touristique élaboré par la Région, les Conseils départementaux et les Communautés de Communes. Mais cela ne va pas sans poser de question sur leur gouvernance, leur animation, la qualification des professionnels et des ambassadeurs de territoire, la définition de leur stratégie, etc. Quels sont les modèles d’organisation, les outils innovants à déployer afin de garantir une structuration de l’offre qui répond aux attentes des clientèles ? Quels sont les nouveaux services proposés par les OT innovants ? Vastes questions… et toujours pas de réponse ! Nous sommes restés ici à l’étape des constats. Pour Jean Pinard, Directeur général du Comité Régional du Tourisme d’Occitanie, il faut « tout défaire pour tout refaire !». Il estime que les OT doivent « reprendre la main sur les GAFA », car des entreprises comme Booking.com n’ont pas réalisé « une performance technologique, mais une performance de marque. Et ils nous ont ringardisé en gérant la data ». Pour lui, « Il nous faut jouer collectif et être coopératif ».

Partenariat public-privé : comment ça se passe en Amérique du nord ?
L’Amérique du Nord regorge de bonnes pratiques dans le secteur du tourisme, majoritairement piloté par des acteurs privés. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, elle ne fait pas exception en matière de partenariat Public-Privé. Paul Arseneault, Directeur du Réseau de veille en tourisme et membre du MT Lab du Canada) a ainsi expliqué avec entrain et humour ce qu’est un partenariat, qu’est-ce que le Privé, qu’est-ce que le Public et comment concevoir différemment l’action publique en tourisme ? En effet, de nombreuses missions relevant du bien commun, du développement ou de la structuration de la filière tourisme ont été développées en Amérique du Nord en abattant les frontières habituelles entre l’Etat qui finance et le Privé qui gère. Pour lui, la co-création entre le Public et le Privé est un outil nécessaire dans le tourisme. La question du financement ne doit pas être le socle des partenariats Public-Privés. Il faut privilégier la réflexion et la recherche de compétences en amont. Sa solution : inventer des partenariats publics non publics ! Oui, des PPnP ! Pour cela, il faut changer dès le départ notre conception de la gouvernance et de l’organisation des entités ayant un mandat touristique, car il est beaucoup plus difficile de réformer après coup. Il est aussi nécessaire d’intégrer des « membres » et des « partenaires » au sein de sa gouvernance. D’après Paul Arseneault, si une organisation « non publique » est pertinente et efficace, alors le Public cherchera à s’y associer aux conditions de l’organisation privée et non l’inverse.

Hébergement touristique : quel avenir et quelles innovations ?
Bonne question ! Et pour cause : en raison d’une longue coupure d’électricité, les propos des intervenants étaient malheureusement inaudibles. Tout ce qu’on a pu en retenir, c’est que la technologie ne fait pas tout, loin de là. D’ailleurs, d’après Frédéric Fontaine, Directeur de l’innovation Lab du groupe Accor, « on revient rarement dans un hôtel parce qu’on a aimé un fauteuil ou un lit, on y revient parce qu’on a eu un contact privilégié avec l’équipe ! ». La technologique serait-il l’avenir de l’humain ou l’humain serait-il l’avenir de la technologie ?

Mise en marché des destinations touristiques : quelles sont les innovations technologiques à intégrer ?
Animée par Guillaume Poulain, Rédacteur en Chef de T.O.M, cette table ronde a fait la part belle aux tendances en marketing digital d’ici à 2020. Aux côtés de Christian Delom (Directeur Général Europe de Erlinyou) et Pascal Cotte (Directeur des Opérations My Tailor Trip, Groupe Michelin), Armelle Solelhac (PDG de SWiTCH) a expliqué les deux principaux canaux et l’outil numérique à privilégier dans les années à venir, à savoir la voix et la vidéo, boostées par l’intelligence artificielle. Nous vous mettons ici pour mémoire le support d’intervention de sa conférence au DxO 2018, car il reprend – en plus détaillé – le contenu de son intervention du jour.

En bref, ce campus européen de l’innovation touristique est sans aucun doute une journée intense, des échanges riches et des rencontres fertiles en nouvelles idées. Vivement l’année prochaine !

Résumé du congrès annuel de la National Ski Area Association du 03 au 06 mai 2018 – Jour 2

2018 NSAA by SWiTCH - Day 2 Cover

Du 03 au 06 mai 2018 a lieu la Convention annuelle de la National Ski Area Association à Marco Island, en Floride (USA). Ce rendez-vous désormais incontournable pour SWITCH avant de clôturer la saison d’hiver nous permet de mélanger business, conférences et rencontres avec les dirigeants des stations de montagne nord-américaines et des équipementiers du monde entier. Résumé de la seconde journée.

Couloir Corbet, Conversion Cup et l’attention comme monnaie d’échange
Pour bien commencer cette seconde journée de convention, la diffusion d’une série de courtes vidéos nous met en appétit et nous rappelle pourquoi nous aimons tous tant cette industrie ! Nous partageons ici celle qui a le plus retenue notre attention et qui a été tournée dans le célèbre Couloir Corbet à Jackson Hole (WY) :

C’est d’ailleurs Jerry Blann, le Président (pour encore 26 jours !) de Jackson Hole Mountain Resort qui reçoit le second Lifetime Achievement Award de l’année.
Après Mission Ridge (WA) avec son « Freedom Pass » l’année dernière, c’est au tour de l’équipe marketing de Snowbasin (UT) de ramener la NSAA Conversion Cup chez eux. Ce trophée vise à récompenser les efforts réalisés par une station pour favoriser la conversion des non skieurs en nouveaux pratiquants. Le programme « Learn & Earn » développé à Snowbasin, qui a connu une augmentation des souscriptions de 29% entre les saisons 2016/2017 et 2017/2018, a ainsi pour objectif de transformer les débutants en pratiquants à très long terme. C’est pourquoi – contrairement à la plupart des autres programmes – il se déploie sur 3 ans. La première année, les participants bénéficient d’une réunion d’accueil très conviviale pour répondre à leurs questions et diminuer au maximum les facteurs anxiogènes, de 3 cours collectifs de ski ou snowboard, de la location du matériel et d’un forfait saison offerts toute la saison (si le 3ème cours est bien complètement réalisé par les participants). La deuxième année, les participants entrent dans le programme « Learn, Earn and Return » dans lequel ils bénéficient à nouveau de 3 cours de ski ou snowboard et d’un forfait saison offerts, ainsi que la possibilité d’acheter leur matériel (499 US$ + taxes pour les enfants et 599 US$ pour les adultes). Résultats : 71% des participants en année 2 ont acheté leurs matériels et ont acheté leur forfait saison en année 3. La dernière année, avec l’achat de leur forfait saison, les apprentis skieurs et snowboardeurs bénéficient d’une leçon privée et de nombreux autres avantages. L’ensemble de ce programme fait l’objet d’une subvention par la Davis County Education Foundation.

2018.05.04 - NSAA by SWiTCH

La keynote du jour est assurée par Curt Steinhorst de Focuswise sur les difficultés à rester concentré et à capter – puis garder – l’attention de ses collaborateurs et/ou de ses clients dans un monde où l’on est constamment interrompu par d’innombrables distractions : notifications sur nos smartphones, e-mails, réseaux sociaux, TV, etc. Cette infographie résume assez bien son propos et sa conclusion est la suivante : “If you want to get more work done, you need to be less available », en substance « si vous voulez abattre plus de travail, rendez-vous injoignable ».

FocusWise-war-for-attention-graphic

Blockchain, Bitcoin et chiffres clés pour l’industrie du ski américain
Pour la première fois en sept participations, la NSAA propose enfin une conférence sur la thématique de la blockchain et des crypto-monnaies. Cette session, animée par Paul Brody, a pour but de vulgariser les concepts et d’expliquer quelle est l’utilité pour les stations de montagne. La blockchain est donc une technologie qui permet de stocker et transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle. Cela ressemble à une grande base de données contenant tout l’historique des échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. La blockchain peut être utilisée de trois façons :

  1. Pour transférer de l’argent, des actions, des titres, etc.
  2. Pour tracer des actifs et produits ;
  3. Pour exécuter automatiquement des contrats (aussi appelés « smart contracts« ).
© U Change, Livre blanc Comprendre la blockchain

© U Change, Livre blanc Comprendre la blockchain

Contrairement aux transactions financières réalisées par le biais des banques, la blockchain a une architecture décentralisée. Cela signifie qu’elle n’est pas hébergée par un serveur unique, mais par une partie des utilisateurs. Il n’y a aucun intermédiaire, afin que chacun puisse vérifier lui-même la validité de la chaîne. Les informations contenues dans les blocs (transactions, smart contrats, titres de propriétés, etc.) sont cryptées afin d’être protégées d’éventuelles modifications a posteriori.
Le bitcoin est l’un des cas d’usage de la blockchain, très certainement celui qui est le plus connu du grand public. Il a été créé en 2008 par un inconnu (sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto) et désigne à la fois un protocole de paiement sécurisé et anonyme, et une crypto-monnaie. N’importe qui peut utiliser des bitcoins et accéder à sa blockchain dédiée, puisqu’elle est publique. Il est possible d’acheter des biens et des services avec des bitcoins et ils peuvent être échangés contre d’autres devises (US$, €, £, etc.). Mais attention, le bitcoin a un cours très volatile, car il y a en ce moment une forte spéculation, aucune réglementation et aucune autorité de régulation. En décembre 2017, son cours a dépassé les 15 000 US$, sachant qu’il a augmenté de plus 1000% sur l’année 2017. Cette valorisation peut donc aussi bien s’effondrer très rapidement.
Pour information, en France, la blockchain a une définition légale depuis une ordonnance d’avril 2017 relative aux bons de caisse dans le cadre de la création des titres émis par une entreprise en contrepartie d’un prêt accordé sur une plateforme de crowdfunding. Cette ordonnance.
La plupart des solutions proposées aujourd’hui par les entreprises sont construites sur des blockchains privées, mais d’après Paul Brody ce modèle va très certainement changer dans les années à venir pour toutes devenir publiques. De même, la majorité des transactions dans les blockchains utilisent des crypto-monnaies, mais cela devrait laisser place dans un futur proche à un retour des monnaies fiduciaires traditionnelles.

2018.05.05 - NSAA by SWiTCH - Blockchain

Pour terminer ce résumé, voici quelques chiffres clés à retenir de l’excellent rapport Kottke de Dave Belin :

  • 53,3 millions de journées-skieurs en 2017/2018, soit -2,8% par rapport à l’année dernière ;
  • 472 stations américaines ont été ouvertes cet hiver contre 481 en 2016/2017 ;
  • Les chutes de neige naturelle ont diminué de 30% en 2017/2018 par rapport à l’hiver précédent, avec une moyenne de 173in (soit 4,39m), sachant que la moyenne sur ces 27 dernières années est de 180in (soit 4,57m). Attention, il y a de très grosses variations selon les régions ;
  • La moyenne des journées d’exploitation est supérieure de 2% par rapport à l’année 2016/2017, avec 126 jours en 2017/2018 (contre 121). Mais là encore il y a d’importantes différences selon les régions ;
  • Les snowboardeurs sont de moins en moins nombreux en 2017/2018 et ne représentent plus que 24,9% des pratiquants aux USA (contre 25,9% en 2016/2017) ;
  • A contrario, le prix moyen des forfaits continue d’augmenter avec un forfait journée adulte le week-end à 122,30 US$ en moyenne (contre 116,79 US$ en 2016/2017).

Pour plus de chiffres clés sur le marché nord-américain pour la saison 2017/2018, n’hésitez pas à nous contacter ici ! Nous avons le rapport complet rédigé par RRC Associates.

2018 NSAA by SWiTCH - Day 2

Au moment où nous publions ces lignes, nous filons rapidement après la dernière conférence pour attraper un avion pour de nouvelles aventures californiennes. Rendez-vous du 29 Avril au 02 Mai 2019 à San Diego (CA) pour la prochaine édition du Congrès !

Pour (re)lire le résumé de la 1ère journée du congrès annuel de la NSAA 2018, c’est ici !

Résumé du congrès annuel de la National Ski Area Association du 03 au 06 mai 2018 – Jour 1

NSAA 2018 by SWiTCH 2

Du 03 au 06 mai 2018 a lieu la Convention annuelle de la National Ski Area Association à Marco Island, en Floride (USA). Ce rendez-vous désormais incontournable pour SWITCH avant de clôturer la saison d’hiver nous permet de mélanger business, conférences et rencontres avec les dirigeants des stations de montagne nord-américaines et des équipementiers du monde entier. Résumé de la première journée.

Plage de sable blanc, leaders de moins de 40 ans et… 53,3 millions de journées-skieurs
Oui, on sait, c’est plutôt paradoxal de parler de ski en ayant les pieds dans l’eau ! Mais ce cocktail fonctionne bien et l’ambiance bon enfant est toujours au beau fixe. L’équipe de la NSAA a donc le chic pour organiser ses conventions dans des lieux toujours plus exotiques, plus chauds et plus sympathiques… et on ne va pas s’en plaindre ! Pour notre 7ème participation consécutive, nous ne boudons pas notre plaisir de découvrir Marco Island, une sorte de Port Grimaud floridien avec une plage de sable fin d’une blancheur incomparable. Nous avons le plaisir d’y retrouver nos amis, clients et fournisseurs nord-américains pour une convention pleine de bonnes surprises.

Les difficultés de recrutement et de fidélisation des collaborateurs sont de plus en plus importantes pour les stations de montagne. Cette année, la NSAA a donc choisi de mettre à l’honneur les leaders de moins de 40 ans. Ils sont le futur de l’industrie du tourisme en montagne. A ce titre, toute personne de moins de 40 ans – dont nous faisons parti ! – arbore un ruban jaune sur son badge, afin de faciliter les interactions avec nos ainés.

Kelly Pawlak, qui prend la suite de Michael Berry à la tête de la NSAA, annonce la couleur : avec 53,3 millions de journées-skieurs, soit une baisse de -2,8%, la saison 2017/2018 ne restera pas dans les mémoires. En dépit d’un début très prometteur en octobre et novembre (+52%) et d’une augmentation de +18% sur le mois de mars, la mauvaise météo de décembre à février inclus a fortement impacté la fréquentation des pistes nord-américaines.

Alors comment sortir de l’impasse et rebooster les stations de montagne dans un monde où tout va si vite et où la concurrence se développe là où on ne l’attend pas ?

Lutter contre la disruption ou se disrupter soi-même ?

Après une intervention courte mais pleine d’humour de Nick Goepper (médaille d’argent en ski slopestyle aux derniers Jeux Olympiques de Pyeongchang, Corée du Sud), c’est l’heure de la remise du premier Lifetime Achievement Award de cette Convention à Onno Wieringa (ancien GM & Président d’Alta, UT). Au lieu de s’appesantir sur le passé dans son discours de remerciements, il choisit de parler du futur, des efforts à réaliser – en particulier en matière de protection de l’environnement – et des solutions que les stations de montagne américaines devraient adopter avec courage. Voici un petit clip sympa sur sa carrière :

Lors de la première keynote, Eric Schurenberg tente d’expliquer les ressorts de l’innovation et comment les stations de montagne peuvent lutter contre la disruption de leur business en étant plus innovantes. Selon lui, il y a 3 manières de conduire l’innovation :

  1. En s’assurant qu’elle est toujours supervisée par la direction de l’entreprise ou de l’organisation qui la conduit ;
  2. En adoptant les principes du design thinking ;
  3. En appliquant la méthode du lean start-up ou lean management.

L’innovation se compose des 6 « D » :

  1. Digitize (« Numérisée »)
  2. Deceptive (« Trompeuse »)
  3. Disruptive (« En rupture » ou « en perturbation »)
  4. Dematerializing ( « Dématérialisée »)
  5. Demonetizing (« Démonétisée »)
  6. Democratizing (« Démocratisée »)

Elle ne peut se produire que parce qu’à un moment donné les solutions proposées ne sont pas ou plus satisfaisantes pour les consommateurs.

NSAA 2018 by SWiTCH 1

Pour lutter contre la disruption de son business, il faut innover en s’appuyant sur 5 ressources :

  1. L’argent
  2. Des collaborateurs engagés
  3. Une base de clients fidèles
  4. Un réseau actif
  5. Une marque forte

Les tactiques pour mieux appréhender la disruption sont soit l’acquisition de nouveaux businesses, soit l’innovation dans de nouveaux domaines d’activités stratégiques. En tout état de cause, la clé du succès pour conduire l’innovation et la disruption au sein de son propre business c’est d’avoir beaucoup de courage !
Bien qu’intéressante, cette présentation nous laisse perplexes : pourquoi chercher à lutter contre un phénomène au lieu de le favoriser pour mieux en devenir les leaders ?

Comment la génération Y prépare ses voyages de loisir ?
Kirsten Motley de Phocuswright est venue partager les résultats d’une vaste étude sur les consommateurs américains en matière de tourisme à l’ère du multi-gadgets et du multi-écrans. Il apparaît que :

  • Les Gen Y (nés entre 1979 et 1995) passent beaucoup plus de temps que les Gen X (nés entre 1965 et 1978) et les babyboomers (nés entre 1945 et 1965) à choisir et préparer leurs séjours. Ils peuvent passer jusqu’à une semaine à faire des recherches en ligne en amont de leurs actes d’achat et de réservation ;
  • Qu’est-ce qui influence le choix d’une destination ?
  1. Les attractions naturelles (plages, montagnes, etc.) ;
  2. Un séjour précédent qui s’est bien passé dans la même destination ;
  3. Le prix de l’hébergement ;
  4. Les attractions culturelles (musées, parcs d’attraction, sites historiques, etc.)
  • Instagram et Snapchat sont les deux media sociaux préférés par les Gen Y pour partager leurs expériences de voyage ;
  • 73% des Gen Y utilisent des applications de messagerie pour communiquer leurs expériences de voyage (ex : Messenger, Whatsapp, etc.) ;
  • 47% des Gen Y utilisent un assistant vocal (ex : Alexa d’Amazon, Google Home, Siri, etc.) pour faire leurs recherches en amont de leur voyage. C’est sans aucun doute possible l’avenir du web !
  • Les Gen Y sont très demandeurs de suggestions et d’inspirations dans leurs recherches de destinations ;
  • 45% des Gen Y acceptent que l’on collecte leurs données personnelles si cela permet une meilleure personnalisation des offres qui leur sont faites en amont de leurs actes d’achat et des expériences à vivre une fois sur place ;
  • Les Gen Y n’aiment pas les chatbot quand ils savent que c’est une machine qui leur répond, mais ils apprécient beaucoup l’interface si c’est un humain qui est à l’autre bout de la ligne.

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Séduire, fidéliser et convertir ou l’obsession de la croissance

Avec les ressources humaines et l’environnement, la croissance fait partie des trois thématiques phares pour la NSAA en 2018. Elle y a ainsi consacré plusieurs conférences et tables rondes. Ce qu’il faut retenir, c’est que pour assurer la croissance de la fréquentation des stations de montagne, il faut considérer les points suivants :

  • Nécessité de s’adresser à un public plus diversifié en termes d’origines, de milieux sociaux et de capacités financières ;
  • Ne pas oublier que la tranche des 25-34 ans a de plus en plus de moyens financiers, n’a pas encore d’enfants et est en forte demande d’expériences sportives en pleine nature. Or, les campagnes marketing & communication des stations de montagne sont majoritairement tournées vers les familles et ne s’adressent pas à cette frange de population ;
  • Il faut sortir des clichés « steep and deep » et communiquer davantage sur le fait qu’on peut avoir une bonne expérience en montagne sans nécessairement avoir du soleil et 30 cm de neige poudreuse : des pistes correctement damées, une bonne bière et quelques bons copains sont amplement suffisants pour passer une bonne journée !
  • Développer des offres « d’essai » (ex : 1 forfait offert + 1 location de matériel + 1 cours de ski/snowboard offert pour 1 acheté, « Bring-a-Friend Program », etc.) pour inciter les non-skieurs à découvrir l’activité et, espérons-le, y prendre goût. Dans tous les cas, cela doit être un effort collectif de l’ensemble des acteurs d’une destination touristique en montagne. Cela ne peut pas reposer uniquement sur les sociétés d’exploitation des remontées mécaniques ;
  • S’appuyer sur les porteurs de forfaits de saison en les transformant en véritables ambassadeurs de leur destination et des sports d’hiver ;
  • Développer les forfaits de location de matériel à la saison pour permettre aux populations locales de pratiquer plus souvent à des coûts plus abordables ;
  • Développer des relations entre les stations et les magasins de sports en plaine pour inciter les consommateurs à aller en montagne ;
  • Continuer les efforts pour développer le ski de printemps, qui est l’une des meilleures périodes pour pratiquer (journées plus longues et ensoleillées, neige plus souple, températures plus agréables, etc.).

Le résumé de la seconde journée du congrès annuel de la NSAA 2018 sera disponible demain vers 20h heure locale, soit 2h00 heure de Paris. D’ici là, nous allons profiter du magnifique couché de soleil les pieds dans l’eau !

[La bonne nouvelle du mercredi] SWiTCH fera une conférence lors des Sommets du Digital 2016 !

Les Sommets du Digital 2016

Les Sommets du Digital organisé par les Editions Kawa auront lieu les 1er, 2 et 3 février 2016 à La Clusaz. Cet événement qui regroupe tous les plus grands experts du digital, du marketing, du e-commerce et de l’innovation n’est pas comme les autres : un format de conférence à la TED, donc court et efficace, du networking et surtout du… SKI ! SWiTCH n’est pas peu fier d’y être speaker. Nous y présenterons les signaux faibles et les tendances 2016 sur le e-tourisme.

Au programme de ces trois journées : Big Data, innovation, stratégie de marque, transformation digitale, réseaux sociaux, Internet Marketing, Mobile Marketing, Géolocalisation, référencement, retail et e-retail, CRM, prospective, créativité, écriture web, picture Marketing, Marketplaces, e-tourisme, objets connectés et toutes les dernières tendances seront présentés lors des conférences thématiques. C’est donc l’occasion unique d’écouter, apprendre, échanger et profiter de moments privilégiés et exceptionnels avec les 30 speakers experts. La tête d’affiche est notamment partagée par Gilles Babinet, Gregory Pouy, Olivier Mathiot, Jean-Michel Billaut, David Abiker, Camille Jourdain, Philippe Cahen, Cyril Attias et Armelle Solelhac. Ils partageront leurs visions du monde de demain et leurs expériences pour donner les clés pour progresser, apprendre et consolider son business.
Envie d’écouter, apprendre, échanger, et profiter de moments privilégiés et exceptionnels ? Venez nombreux, nous vous y attendons… avec nos idées affûtées et nos spatules bien fartées ! 😉

Prémonitions…

Il y a un an et demi on vous parlait de General Motors et de leur dernière invention, un parebrise à « réalité augmentée », projetant des informations visibles par le conducteur. On s’était demandé combien de temps il faudrait attendre pour voir cette innovation arriver sur les pistes. Et bien c’est chose faite cet hiver, avec le module MOD proposé par Recon Instruments !

Vous voulez connaître la vitesse maximale de la session du jour, la hauteur de la barre que vous avez sautée ce matin ou le temps gagné sur votre dernier run ? MOD vous fournira tout ça et bien plus encore ! A la croisée du monde du jeux vidéo et du ski, ce module se fixe entre la monture et l’écran de votre masque. Il diffuse des informations, que vous choisissez en temps réel, directement sur votre écran, le transformant en véritable tableau de bord ! Pour l’instant quatre marques de masques ont développé des modèles compatibles avec MOD: Briko, Uvex, Alpina et Zeal.

Et si vous voulez rester social en plein ride, la version MOD Live peut être connectée avec Androïd par bluetooth !

Disponible en ligne pour l’Europe, il faut tout de même compter entre 299$ et 399$ pour s’offrir ce petit jouet, qui fera sans doute des heureux sous le sapin…

13ème Symposium International du Tourisme du 19 au 21 septembre, à Zermatt – 2ème journée (2ème Partie)

La 13ème édition du Symposium International du Tourisme a lieu du 19 au 21 septembre 2011, à Zermatt en Suisse. 170 participants triés sur le volet venant du monde entier et représentant 120 entreprises, ainsi que des institutions gouvernementales et professionnelles, se réunissent pour discuter des véritables enjeux du tourisme pour le futur. SWiTCH a l’immense honneur d’avoir été invité à participer à ce rendez-vous prestigieux. 2ème partie de notre résumé de la 2ème journée.

Après un déjeuner délectable, la session reprend et c’est à Eric Bernard de Visioglobe d’avoir ses « Five minutes of fame ».

Yves-Claude Aubert (European Tech Tour Association) ouvre la thématique consacrée aux opportunités d’innovations dans l’industrie du tourisme en rappelant que « la vitesse de développement des innovations, de leur adoption et de leur propagation est devenue vertigineuse ». Et c’est peu dire quand on voit la progression stratosphérique de HouseTrip, la société créée en 2009 par Arnaud Bertrand. Nous retiendrons de son intervention ces paroles pleines de sagesse :

  • « L’innovation n’est pertinente que si cela fait partie d’une vraie stratégie ».
  • « Mon job consiste à dire, la plupart du temps, « non » aux projets et aux nouvelles idées qu’on me propose. Pour mener à bien un projet, il faut savoir rester concentré sur les objectifs. »

Christian Mars (Vice Président de BeMore Holding) enchaîne ensuite sur une présentation de l’impact des ventes sur Internet dans le chiffre d’affaires des sociétés de gestions des remontées mécaniques. Ce qu’il faut en retenir :

  • Le yield management et le dynamic pricing sont l’avenir des sociétés de gestions des remontées mécaniques ;
  • En France, le coût d’une caisse sur la vente d’un forfait représente en moyenne 8% du prix du forfait;
  • Les stations françaises ne connaissent pas 80 % des acheteurs de forfaits, c’est donc très difficile de leur proposer des offres personnalisées;
  • L’avenir réside dans la fusion de la carte d’accès (= les forfaits)  avec le mode de paiement et les outils de fidélisation;
  • Le futur passe par la mise en place de plateformes d’agrégation des prestations touristiques en mode dynamique par destination;
  • La généralisation du NFC sur les smartphones va accélérer le transfert du chiffre d’affaires réalisé en caisse sur le chiffre d’affaire réalisé online.

Après une pause goûter et un rapide exposé d’un représentant d’Hangzhou la capitale de la province de Zhejiang en Chine, c’est le tour d’Olivier Müller (Chargé de développement pour le marché allemand) de présenter lors des « Five minutes of fame » une société déjà bien fameuse : Groupon. Il nous détaille ainsi le business model « gagnant – gagnant – gagnant entre le client – le commerçant et Groupon » de cette société originaire de Chicago créée en 2008 et déjà présente dans 250 villes dans 47 pays. Les avantages et la pertinence des services proposés par cette société semblent relativement logiques pour les professionnels du tourisme.

Reto Gurtner (PDG de Weisse Arena Group – Laax) nous expose ensuite son travail de développement de Rocks Resort et comment il a intégré le design dans le développement d’une marque forte d’hébergement à Laax.

François Seppey conclut avec beaucoup de finesse cette journée dédiée à l’innovation en rappelant le concept de « wintertainement » (winter + entertainment) et de l’importance de mettre davantage en scène l’expérience du client.

Mais n’allez pas croire que la journée prenne fin ici ! Trente minutes plus tard, nous nous engouffrons tous dans le train pour monter vers un lieu de paradis, afin de déguster un apéritif sur fond de coucher de soleil sur le Cervin accompagné de la délicate musique des clochettes et des cors des Alpes. Quelques discours et surtout quelques bonnes blagues plus tard, nous nous attablons autour d’un dîner dans la plus pure tradition gastronomique suisse au sommet du Sunnegga.

Enfin, nous n’en dirons pas plus, car d’un pacte commun « ce qui se passe à Sunnegga, reste à Sunnegga ». 😉

Pour suivre la dernière journée de ce 13ème Symposium International du Tourisme, c’est ici !

Crédit photos : Armelle Solelhac

13ème Symposium International du Tourisme du 19 au 21 septembre, à Zermatt – 2ème journée (1ère Partie)

La 13ème édition du Symposium International du Tourisme a lieu du 19 au 21 septembre 2011, à Zermatt en Suisse. 170 participants triés sur le volet venant du monde entier et représentant 120 entreprises, ainsi que des institutions gouvernementales et professionnelles, se réunissent pour discuter des véritables enjeux du tourisme pour le futur. SWiTCH a l’immense honneur d’avoir été invité à participer à ce rendez-vous prestigieux. Résumé.

Et c’est parti pour la 2ème journée de l’ITS sous le soleil de Zermatt !

François Seppey (Président de la Fondation Ark) amorce cette séance placée sur le thème de l’innovation par une définition fort à propos : « l’innovation c’est introduire quelque chose de nouveau dans une chose établie. L’innovation est au début et à la fin de toute chose, car elle est source de changement dans le comportement du consommateur ».

Le Deputy Director de l’International Tourism Marketing Division de Shandong, Yu Fenggui, prend la suite pour nous présenter l’énorme travail réalisé sur les marques touristiques de la 2ème plus grande ville de Chine en termes de population. En effet, la ville natale de Confucius – dont les sagesses sont très appréciées par notre équipe – a décidé de jouer pleinement la carte de l’hyper-segmentation en créant 6 marques en fonction des différentes aspirations et du type d’activités pratiquées par les visiteurs. Surpris par l’importance de ce chiffre, nous avons osé poser la question du risque de cannibalisation des marques entre elles. La réponse n’a pas tardé : « il y a, depuis des millénaires, six cultures si différentes les unes des autres à Shandong que cela justifie l’existence de six marques distinctes ». Nous sommes sceptiques, mais cette approche asiatique du marketing reste intéressante.

Guillaume Thevenot, Auteur du blog HotelBlogs, lance la conférence dédiée aux médias sociaux à laquelle nous participons aux côtés d’invités prestigieux tels que Patrick Comboeuf (Directeur E-Business à la Swiss Federal Railways), Michael Menzel (Directeur des ventes chez TrustYou), Sara Nanda (Senior Manager des partenariats européens chez TripAdvisor). Chacun explique en quoi les média sociaux ont révolutionné les modes de réservation, de consommation et de commentaires des séjours touristiques. Pour notre part, nous avons traité des apports de la géolocalisation sociale à l’industrie du tourisme en nous appuyant notamment sur l’EpicMix™ de Vail Resorts Inc. Nous vous laissons découvrir notre présentation et la vidéo qui s’y rattache ci-dessous :

Après une pause café, c’est l’heure des « Five minutes of Fame » pendant lesquelles le créateur d’une start-up vient présenter les produits ou services de son entreprise. Créé par un ancien champion de VTT, SKY carve développe un nouveau type de produit permettant de faire des descentes en tyrolienne à près de 100 km/h ! Un bon moyen de valoriser les remontées mécaniques hors saison d’hiver.

La table ronde sur les « innovations et le design dans les infrastructures et les équipements » s’ouvre sur une présentation de Roberto Francesconi (Manager régional de Finaosta, dans la Vallée d’Aoste) sur les travaux d’aménagement et les nouvelles remontées mécaniques qui vont être installées vers la pointe Helbronner sur le côté italien du massif du Mont-Blanc. Les installations devraient être ouvertes au public en 2015.

Puis c’est au tour de Reto Rindlischbacher (CEO de Nordica) de prendre la parole pour parler du repositionnement de sa marque (50 % piste, 30% Freestyle et 20% Freeride), nous décrire à quoi ressemblerait le domaine skiable de ses rêves et comment il devrait être géré :

« Managing a ski resort company would mean to me « being an entertainment and an event Company »

Ca laisse rêveur ! Certes, il serait appréciable que certains patrons de domaine sortent de l’esprit « câbles et poulies » dans lequel ils baignent. Mais sans vouloir jouer les rabats-joie, nous ne sommes pas certains que la gestion d’un domaine skiable se résume à la simple création d’espaces de divertissement où pourraient avoir lieu des évènements de folie. Une fois de plus, la question est de savoir où placer le curseur.

Enfin, Benno Nager (Directeur d’Alpine Resort Consulting) a clôturé cette matinée de présentation.

Pour lire la seconde partie de la 2ème journée du 13ème Symposium International du Tourisme, c’est ici !

Crédit photos : Armelle Solelhac

Appel à projets Innovation 2011 – EuroSIMA

Pour la 3ème année, l’EuroSIMA lance un appel à projets Innovation. C’est l’occasion pour les créatifs, inventeurs et concepteurs porteurs d’un projet d’innovation technologique et/ou écologique dans le domaine des sports de glisse (surf, skate, ski et snowboard) d’obtenir un accompagnement individuel ou collectif, une mise en réseau avec les acteurs de l’innovation et les industriels des sports de glisse en France et en Europe, ainsi qu’une subvention pouvant aller jusqu’à 10 000€.

Les dossiers peuvent être retirés ici et déposés jusqu’au 9 septembre 2011. Les lauréats seront rendus officiels le 10 octobre 2011 après examen des dossiers par un jury de professionnels et d’experts.

Crédit texte : OSV